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Le Stade Malherbe de Caen
Édition du lundi 07 avril 2008

Caen s'y prend bien pour renégocier son bail

Ligue 1. Le Stade Malherbe a définitivement tourné le dos à ses idées noires de l'hiver. Face à Valenciennes, les Caennais ont maîtrisé leur sujet, se donnant de grandes chances de prolonger leur aventure en L1, la saison prochaine.

Anthony Deroin tient le bon bout. Depuis le temps qu'il trempe de sueur le maillot bleu et rouge, le lutin de Rots n'a jamais vu son club de toujours se maintenir en L1. En 1997 et 2005, Caen n'avait pu échapper au couperet, un an après son accession.

Cette fois, la renégociation du bail semble en bonne voie. En matant Valenciennes, le Stade Malherbe s'est à la fois sécurisé et soulagé. La sécurité, c'est cette marge de huit points d'avance sur la zone rouge, à six journées du terme. « Avec nos 43 points et un tel écart sur le premier relégable, calcule Gregory Proment, si on venait à descendre, je n'aurais qu'une envie : arrêter le foot ! » Caen peut voir venir, ce qui équivaut presque à un luxe, après avoir longtemps senti roder la menace des mal classés.

« Chacun pense à l'équipe »

Le soulagement évoqué, c'est la confirmation du renouveau, après le réveil contre Monaco (4-1) et la solidité affichée au Mans (1-1). « Depuis ce match contre Monaco, assure Franck Dumas, l'entraîneur caennais, l'état d'esprit est différent. Physiquement, aussi, on est mieux, peut-être parce que le travail foncier de la trêve de Noël commence à porter ses fruits. » Reste que la relance normande participe avant tout d'un mental mieux trempé.

« Chacun met plus d'application et d'implication, savoure le coach. Les choses sont plus faciles quand chacun pense à l'équipe, pas à soi-même. » Le Stade Malherbe est redevenu un collectif fiable et déterminé. En connaisseur, Antoine Kombouaré a ravalé son amertume pour « féliciter les Caennais, qui ont évolué à un niveau élevé. » Son Valenciennes s'est fait bouger à d'Ornano, davantage que ne le traduit le score final. « Au milieu, on a perdu trop de duels, enrage Kombouaré. Devant, on a été incapables de conserver le ballon pour faire monter notre bloc-équipe... »

Il y a encore un mois, le Stade Malherbe n'aurait sans doute pas remporté ce match. A la moindre contrariété, les têtes se baissaient, les idées se volatilisaient. « On a retrouvé de la gnac en même temps que notre jeu, évalue Proment. Cela nous autorise à récupérer les ballons plus loin de notre but. » Caen s'est si bien remplumé qu'il est désormais capable de passer un penalty raté par pertes et profits. Ou de tenir toute une période à la merci d'un retour de son rival. « On aurait pu se mettre à l'abri en marquant un 2e but, admet Dumas, mais je ne mets pas ça sur le compte des regrets. Ce soir (lire samedi soir), je n'en ai aucun ! »

Dimanche prochain, à Bordeaux, ce sera une autre histoire, face à une équipe revancharde. « On essaiera de grappiller quelque chose, propose le coach caennais. Mais si Bordeaux nous est supérieur, il gagnera... » Désormais, Caen peut envisager sa fin de saison de manière beaucoup plus sereine.

Jean-Pascal ARIGASCI.

Ouest-France

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