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Le Stade Malherbe de Caen
Édition du lundi 11 août 2008

Caen a fait profil bas, Bordeaux a failli tomber de haut

Ligue 1. Il a manqué trois fois rien aux Caennais, un 2e but pas loin d'arriver, pour ramener un voire trois points de Bordeaux. Pourtant, dans le jeu, le succès girondin ne souffre d'aucune contestation.

Perdre 2-1 chez le vice-champion de France n'a rien d'infamant. Surtout après pareille prestation d'une équipe girondine vouée à un bel avenir. Mais les Caennais ont le sentiment d'être passés près de quelque chose de grand, samedi à Chaban-Delmas. En foot ce n'est pas toujours le meilleur qui gagne, et Bordeaux a failli en faire une fois encore l'expérience : « Ils nous ont été supérieurs, convient Nicolas Seube, le capitaine malherbiste, et nous nous y attendions. Mais si nous avions mieux négocié des contres, si l'arbitre voit la main quand « Elu » arrive dans la surface... ». « A 0-2, cela aurait été totalement différent, souffle Vincent Planté, auteur d'une solide prestation. Cela s'est passé autrement. » « C'est rageant », commente Franck Dumas.

Dumas : « accepter d'être dominé »

Qu'a-t-il manqué à Malherbe ? La capacité de confisquer de temps en temps le ballon à Bordeaux, pour permettre à tout le monde de décompresser face au rouleau compresseur. Un peu de métier, parfois. L'égalisation intervient au terme d'un temps de jeu immensément long, où Caen a répondu comme dans un combat de boxe, attaque pour attaque, quand il aurait fallu sans doute briser ce rythme. Un peu de jambes en fin de match, et un zeste de justesse dans cette attaque-défense : « Il faut savoir défendre en avançant, rappelle Dumas. Nous avons souvent reculé. » Et puis il y a cet oubli, cette mésentente sur le 2-1. Laisser Cavenaghi seul au point de penalty, sur un coup-franc à 20 m, n'est pas à proprement parler une grande idée : « Il est en position de hors-jeu au départ, et je demande à mes défenseurs de rester haut, commente Vincent Planté. Mais nous sommes redescendus trop vite, et nous l'avons remis en jeu. Nous avons été punis... »

L'élève doit retenir la leçon, lui qui a abordé cette rentrée avec un bagage plus étoffé. Si Dumas a osé un 4-1-4-1, il avait demandé aux siens de jouer nettement plus bas qu'à l'accoutumée. C'était peut-être la journée classée rouge par Bison-Fûté, toujours est-il que ça a pas mal bouchonné dans la surface calvadosienne : « Il faut savoir accepter d'être dominé », indique le coach. « C'est un peu une nouveauté », lâche Planté. « On savait que Bordeaux aimait garder le ballon, avec des latéraux offensifs, détaille Nicolas Seube. L'idée était de les faire venir, de rester en bloc et de contrer. » CQFD sur le but de Nivet, à la conclusion d'une action limpide : « J'ai juste à accompagner le ballon, à le mettre hors de portée de Ramé, témoigne le milieu normand, deux réalisations la saison passée. Nous avons montré des choses intéressantes sur ces contres. »

Caen s'est aussi rassuré sur sa solidité défensive, « son abnégation », dixit Nivet. « Le résultat me laisse des regrets par rapport à tous les efforts consentis. Mais il y a eu une grosse solidarité, nous avons beaucoup couru les uns pour les autres, c'est bien ! Cette 1e étape nous permet de nous situer. » Avant des lendemains moins compliqués. L'abus de Bordeaux est dangereux pour la santé : « Heureusement qu'on ne les jouera pas tous les samedis, respire Dumas. Nous allons pouvoir travailler sur de bonnes bases avant la venue de Valenciennes. Un match avec beaucoup d'enjeu. » Après avoir fait profil bas, Caen regardera cette fois vers le haut. Avec des raisons d'y croire.

Dominique FAURIE.

Ouest-France

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