« Et puis, s'ils jouent dur, ça peut leur faire prendre un carton rouge », poursuit l'esprit toujours aussi tranquille l'Argentin du SMC. Pourtant, comme Grandin, qui n'a pas grand-chose à craindre ce week-end, Eluchans avait passablement énervé un ou deux très mauvais perdants à l'aller par ses feintes de corps. Quelques Européens ayant perdu l'esprit du foot et oublié que, par essence, le Sud-Américain est d'un naturel joueur. Et heureusement pour ce sport ! « Ces déclarations sont simplement celles de joueurs déçus, vexés, évacue le milieu gauche caennais. Des petits ponts, j'en tentais aussi en Argentine et j'en tente à chaque match ».
« Elu » avait peiné en début de saison, inquiété même sur sa capacité d'adaptation, puis il avait flambé : cinq buts à la clé à mi-parcours, alors que son compteur sur une saison n'avait jamais dépassé les deux unités. Visiblement, Dumas apprécie les qualités du « gaucho », titularisé à 28 occasions, comme Nivet et Gouffran. Dans le champ, seul Sorbon a fait mieux (32). Mais quand le groupe marquait le pas, le natif de Tandil, était l'un des plus à la traîne. Oubliées les envolées latines. Fermé le robinet buts. En petite forme, l'ex « volante ».
A Lille, soir de déroute, « Elu » était sorti à la pause (comme Proment et Toudic), puis resté sur le banc contre Monaco et au Mans. « Tous les joueurs ont des hauts et des bas. J'ai peut-être payé la différence avec l'Argentine où on fait une très grosse préparation d'avant-saison pour tenir sur la durée, là elle était plus légère, c'est peut-être ce qui fait que j'ai eu ce creux. Mais le fait d'être mis remplaçant m'a fait du bien, m'a reposé, et j'en avais besoin, j'étais fatigué ».
Heureux à Caen
A peine entré en jeu contre Monaco, Juan-Eduardo Eluchans poussait Beko à la faute et offrait le penalty de la victoire à Gouffran. Puis il était encore à l'origine, du but contre Valenciennes. Avec le printemps Caen a retrouvé des couleurs. Eluchans son allant. Lui dit n'avait jamais douté d'une issue favorable. Naturel positivisme d'Amérique latine ? « En Argentine j'ai un peu connu toutes les situations, dont une avec Independiente où on avait fini 4e de la première phase et derniers de la deuxième, on s'en était sorti au cumul des deux phases. Là j'étais convaincu que ça allait revenir, comme c'était revenu après notre mauvais début de saison ».
Eluchans est heureux, il a réussi rapidement dans ce qu'il craignait le plus : « l'adaptation » au football hexagonal. A 28 ans lundi prochain, l'homme de la pampa ne cache pas se plaire en Calvados. D'éventuelles propositions ? « Je n'y ai pas pensé. Mais quand il y en a d'intéressantes pour ton salaire, ta famille, ça fait toujours réfléchir. Mais à ce jour, mon avenir l'an prochain, je le vois à Caen ».
David GUEZENNEC.
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