Environ 1 800 étudiants et lycéens ont défilé hier dans les rues de Caen contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités. « Elle consomme combien votre moto ? » demande un étudiant à un motard de la police chargé des arrières de la manifestation. « Sept litres aux cent », répond le policier au cours d'un échange tranquille. Les rassemblements étudiants-lycéens contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités se succèdent et ne se ressemblent pas. Après les incidents de mardi, le défilé de jeudi s'est déroulé dans le calme.
Près de quatre heures de marche sous la pluie avec un cortège qui, au fil des haltes devant les lycées Laplace ou Hugo, a parfois frôlé les 2 000 participants. Les lycéens assurent le gros des troupes avec, innovation, un petit contingent d'enseignants et d'agents administratifs. Ils viennent de lancer une coordination « Sauvons l'université ».
Au rythme des défilés, les slogans ne varient guère : « Tout est à nous, rien n'est à eux, tout ce qu'ils ont, ils l'ont volé. » Un zest d'anarcho-syndicalisme : « À bas l'État, les flics et les patrons. » L'objectif de la manif, c'est le siège du Medef, le syndicat patronal. La loi Pécresse n'ouvre-t-elle pas les conseils d'administration des universités au monde extérieur ?
« On veut des dividendes »
Après quelques zig-zag, le cortège débouche sur la zone tertiaire de la Folie-Couvrechef, où se situent les locaux du Medef. « On veut 30 millions de dividendes. » À 200 m se garent les cars bleus des gendarmes mobiles. Premier repli sur les pelouses. Quelques excités encagoulés ou munis de lunettes de plongée avec masque anti-poussière ne veulent pas quitter les lieux. Mais les consignes des leaders s'imposent : le cortège repart.
La nuit tombe. Le défilé s'engage sur le boulevard Weygand. Bloqués, les automobilistes attendent. « Je ne suis pas sûr que cela les serve mais il faut rester zen », patiente l'un. « Ils m'énervent, ils feraient mieux de réviser leurs examens », tonne l'autre.
À l'embranchement, un petit groupe d'une centaine de jeunes tente d'entraîner le cortège vers le périphérique. Haut-parleur en main, le directeur de la police, Jean Bouteloup, signale les dangers : « Voie glissante, obscurité. » Des profs relaient le message qui finit par être entendu, d'autant que le cortège poursuit sa route.
Arrivée dans le centre-ville : les étudiants regagnent le campus. Les lycéens poursuivent : une poignée se rassemble devant la préfecture avant de se disperser. Dans le calme.
Jean-Pierre BEUVE.
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