Une stèle polonaise inaugurée au Mémorial
La stèle rend hommage aux forces polonaises ayant participé au Débarquement. Édouard Podyma, de Gouvix, faisait partie de la 1re division blindée polonaise.
Offerte par le comte Tomasz Zamoyski, elle rend hommage aux forces polonaises ayant participé aux opérations du Débarquement en Normandie, en 1944.
« Cela me touche au coeur. » Édouard Podyma, 85 ans, habite à Gouvix. Hier vendredi, dans les jardins du Mémorial, ce vétéran de la 1re division blindée polonaise a assisté à l'inauguration de la stèle rendant hommage aux forces armées de ce pays ayant pris part, en 1944, au Débarquement. « Cette stèle est la réparation d'un oubli, une chose qui aurait dû être faite de longue date. »La stèle a été offerte par le comte Tomasz Zamoyski. Il l'a dévoilée, avec le maire, Brigitte Le Brethon et l'ambassadeur de Pologne, Tomasz Orlowski.« De retour sur ma terre, en juillet 1944... »Des représentants de la communauté polonaise normands étaient là. Comme Casimir Rzepkowski, président de l'Amicale des anciens combattants de la 1re division blindée. Une division formée de Polonais de différents pays. « Ils ont libéré Potigny et participé aux combats de la Poche de Falaise. Mais il n'existe pas de mémorial polonais. Cette stèle est un premier pas. »Ancien de la Société métallurgique de Normandie, Édouard Podyma avait été appelé à Coëtquidan. Il habitait déjà à Gouvix, où ses parents avaient émigré dans les années 30. Édouard est parti pour l'Angleterre le 20 juin 1940. « Avec beaucoup d'autres, nous nous étions retrouvés sur la route de Saint-Nazaire, les Allemands à nos trousses, ne sachant où aller. Cinq contre-torpilleurs anglais attendaient, ancrés en mer. On a réussi à en rejoindre un. On est allés à Plymouth. Ont alors débuté quatre ans d'attente et d'entraînement. Je suis revenu sur ma terre d'accueil le 31 juillet 1944. Nous étions fiers de participer à la libération de la France, pays ami de la Pologne de tout temps. »Son regret : « Le régime polonais nous a jugés indésirables. Nous n'avons pas eu l'honneur de défiler à Varsovie et sommes tombés dans les oubliettes. »La situation en Pologne a changé en 1989. « Pendant 50 ans, leur patrie n'a pas voulu reconnaître ce que ces soldats ont fait pour sa libération, regrette Tomasz Orlowski. Pour moi, c'est un honneur, mais aussi une dette d'être ici, devant cette stèle. »Virginie JAMIN.
Ouest-France