Paris-Caen-Cherbourg : enfin des rames neuves
8 h 40, hier matin, en gare de Paris-Saint-Lazare, les voyageurs s'apprêtent à embarquer dans le nouveau train Corail .
Le nouveau train Corail est arrivé, hier matin, en gare de Caen. La modernisation de la totalité du matériel, 150 voitures, sera achevée dans un an.
Éric a vite repéré l'une des nouveautés du train Corail new-look. « Une prise électrique ! J'ai branché mon ordinateur portable et les écouteurs pour regarder le DVD des Tontons flingueurs ! » D'autres cadres préfèrent bosser.Sièges rénovés et confortables, lampes sur tablettes, sol moquettés, aménagements pour personnes à mobilité réduite, le standing est à la hausse sur le Paris-Caen-Cherbourg, ligne Corail la plus fréquentée de France avec 3 millions de voyageurs par an. Et la plus rentable. Il était plus que temps. Usées, fatiguées, vieillies, les rames actuelles avaient 25 ans d'âge. « Les gens ont vite vu le changement. Plusieurs personnes m'ont demandé si ce serait le même régime tous les jours », raconte Pascal, contrôleur-chef de bord, en poinçonnant les billets. « Le TGV, c'est pour quand ? »Pour l'instant, la dose est d'une rame et ses neuf à dix wagons par jour. Rénovées dans les ateliers SNCF de Romilly-sur-Seine (Aube) et de Périgueux, les nouvelles voitures vont arriver, au rythme de quinze par mois. La modernisation de la totalité du matériel, 150 voitures pour Paris-Caen-Cherbourg et Paris-Deauville-Trouville, sera achevée dans un an. Coût : 44 millions d'euros, la moitié financée par le conseil régional de Basse-Normandie.Bringuebalé dans les allées, Philippe Duron, président dun conseil régional et voyageur matinal, fait la pub du nouveau train. « Et le TGV normand, c'est pour quand · » lance un voyageur. « C'est un rêve. En attendant, nous n'avions pas d'autres choix que cette modernisation. Il y a de petites et de grandes inaugurations ! » Clin d'oeil à l'heure de la mise en service du TGV Est qui relie Paris à Strasbourg. Pour connecter la Normandie au réseau des lignes à grande vitesse, la première nécessité est de construire une ligne nouvelle entre Mantes et Achères afin de régler l'engorgement avec les trains de banlieue. « Je ne lâcherai jamais la SNCF sur cette affaire », assure Philippe Duron. D'ici là, pour améliorer l'ordinaire, les Normands vont récupérer une petite dizaine de locomotives BB 15 000 du Paris-Strasbourg, destinées à remplacer les BB 16 000, à bout de souffle. Autre nouveauté : un train du soir au départ de Paris. À compter du 4 septembre, le train du vendredi soir de 21 h 59 sera étendu tous les jours de la semaine.Jean-Jacques LEROSIER.
Ouest-France