Les casinos bas-normands tirent leur épingle du jeu
200 joueurs de poker se sont retrouvés le samedi 27 octobre à Deauville, pour le premier tournoi organisé dans un casino en France.
Contrôle d'identité aux entrées, boum du poker... la réglementation des casinos a changé en 2006-2007. Et globalement,l'activité progresse dans les 13 établissements de jeux de la région.
Près de 192 millions d'euros. C'est le produit brut des jeux (PBJ) cumulé des 13 casinos bas-normands en 2007. Soit une augmentation globale d'environ 7 millions d'euros par rapport au précédent exercice (1). La grande majorité des établissements enregistre une hausse d'activité. Pourtant beaucoup craignaient la vérification d'identité aux entrées, en vigueur depuis le 1er novembre 2006. Une baisse de fréquentation a effectivement été ressentie les premiers mois. « Puis la situation s'est un peu stabilisée, indique Éric Cavillon, directeur du casino de Deauville. On estime tout de même la baisse de fréquentation à 3 % environ. »Ces contrôles aux entrées devaient empêcher l'accès aux mineurs et aux personnes interdites de casino. En contrepartie, l'accès aux jeux de tables jusqu'ici payant devenait gratuit. Ce qui a engendré un nouvel engouement pour les jeux traditionnels. Leur chiffre d'affaires (2) augmente partout. Mais il ne représente encore qu'une faible part de l'activité, toujours tirée à plus de 95 % par les machines à sous. Autre effet : cette mixité des jeux dans un même espace a entraîné des réaménagements et souvent une modernisation des casinos. Plutôt bienvenues, ces rénovations ont contribué au développement de leur activité.Poker et jackpotLa nouveauté de 2007 reste l'arrivée du poker Texas hold'em. Cinq casinos (Coutainville, Granville, Cabourg, Trouville et Deauville) ont déjà installé des tables. Deauville a même organisé un premier tournoi en octobre. Très en vogue sur Internet, cette forme de poker, la plus jouée au monde, « attire de nouveaux joueurs, souvent plus jeunes, dans les établissements », notent les directeurs de jeux. Une « bonne surprise », explique les directeurs de jeux. Et un jackpot ! Car l'établissement ne perd jamais d'argent au poker, alors que cela arrive régulièrement pour les autres jeux traditionnels. « Au Texas hold'em, les clients jouent les uns contre les autres. Le casino se rémunère comme organisateur en prélevant un pourcentage (en général 4 %) sur les coups gagnants. » Seul le casino Barrière de Ouistreham devrait accueillir le poker hold'em de casino, une variante rare où l'on joue contre la banque, c'est-à-dire l'établissement de jeu.La prochaine grande révolution dans les casinos sera l'interdiction de fumer, au 1er janvier. Une mesure qui peut entraîner « une chute d'activité de 10 % à 15 % d'après les exemples connus dans d'autres pays », indiquait dernièrement Dominique Desseigne, président du conseil de surveillance du groupe Barrière. Beaucoup d'établissements ont donc anticipé en agrandissant peu à peu les espaces non-fumeurs. Deauville a même installé des cabines pour fumeurs. Terrasses extérieures couvertes et chauffées, fumoirs... sont prévus dans presque tous les établissements. Philippe MIRKOVIC.1. Le produit brut des jeux (PBJ) correspond à la différence entre ce que tous les joueurs ont misé et ce que les plus chanceux ont gagné.2. Pour les casinos, l'exercice 2007 s'étend du 1er novembre 2006 au 31 octobre 2007.
Ouest-France
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