Grégoire Colin, qui partage l'affiche avec Gilbert Melki, et Cédric Anger, le réalisateur du film « Le Tueur », étaient mardi soir les invités de l'UGC Ciné Cité, à Mondeville. La chambre de son oncle était tapissée d'affiches de cinéma petit format tirées du magazine « Première ». Quand il allait chez sa grand-mère, dans l'Orne, c'est dans cette pièce qu'il dormait. Cédric Anger sourit en dévoilant ce détail. C'est le seul fait familial qu'il peut raccrocher à son goût pour le 7e art. Né à Caen, il y aura bientôt 34 ans, le réalisateur était l'invité de l'UGC Ciné Cité, à Mondeville, mardi soir, pour la présentation de son premier film, « Le Tueur », à l'affiche depuis hier.
Ses proches n'ont pas eu loin à aller pour découvrir ce thriller avec Gilbert Melki, Grégoire Colin et Mélanie Laurent dans les principaux rôles et dont l'accueil est positif. Il y a plus d'une quinzaine d'années, bac en poche après avoir suivi l'option cinéma du lycée de Vire, Cédric Anger a filé droit sur Paris. En terminale, il rédigeait des chroniques de cinéma. « J'avais créé une petite revue que j'avais envoyée à Serge Daney. »
Le célèbre critique de « Libération » avait répondu au lycéen, qui songeait déjà à la mise en scène, et l'avait encouragé à franchir le seuil des « Cahiers du Cinéma ». « Une bonne école », reconnaît Cédric Anger. À défaut de tenir une caméra, il suit, sous la férule de Jean Douchet puis de Serge Tubiana, l'exemple de glorieux aînés. François Truffaut, Claude Chabrol, Éric Rohmer et bien d'autres ont aiguisé leurs plumes et leur regard à commenter le cinéma des autres.
Lui aura choisi de ne parler que ce qui lui plaît. Mais travailler pour les « Cahiers » lui ouvre des contacts dans le monde du cinéma. « C'est un métier, où il n'y a pas de règle pour réussir, dit aujourd'hui Cédric Anger. C'est des rencontres. Tout reste possible. Si on est passionné, ça fonctionne. » L'écriture lui aura été utile. Xavier Beauvois (qui tient un bref rôle dans « Le tueur ») trouve en lui le co-scénariste qu'il cherchait. Cédric Anger lui peaufine les dialogues de « Selon Mathieu » et du « Petit Lieutenant », dont il partage le succès.
Pour Cédric Anger, qui a franchi entre-temps les différents échelons du métier comme assistant, l'occasion s'ouvre de prendre la responsabilité d'un film. Avec « Le tueur », il s'inscrit dans un cinéma de genre, dont il détourne les... canons subtilement dans une confrontation entre le deux principaux personnages. Du tournage à Paris, à la fin de l'hiver dernier, dans les 12e et 13e arrondissements, le réalisateur a tiré un climat « gris-blues ». Il tranche avec un caractère, qu'il déclare « joyeux ».
Xavier ALEXANDRE.

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