Marie-Hélène Le Pargneux et Neha, à la piscine au Népal. Moment de bonheur partagé. La mère adoptive de la petite fille vit désormais cette maternité à distance. Marie-Hélène Le Pargneux est revenue avec le souvenir lourd d'une expérience douloureuse. Son histoire avec Neha, petite népalaise, a commencé en janvier 2007. À cette époque, elle part pour le Népal, avec en poche un acte d'adoption signé par les autorités locales.
Méandres des administrations
Devenue officiellement la mère adoptive de la petite fille, elle s'embourbe dans les méandres des administrations française et népalaise et des relations entre les deux pays. Jusqu'à la dénonciation de la convention internationale qui fixe les règles d'adoption.
Au printemps, Marie-Hélène Le Pargneux comptait beaucoup sur une nouvelle médiation lancée par le ministère des Affaires étrangères. Les services de Rama Yade ont reçu une cinquantaine de familles dont les dossiers étaient restés en souffrance.
Beaucoup ont avancé. Pas celui de la Fleurysienne. Pour trouver une solution rapide, les conseillers de la secrétaire d'État aux Droits de l'homme ont proposé une nouvelle piste : « Un visa de mineure scolarisée », indique Marie-Hélène Le Pargneux.
Mais rien ne se passe comme prévu. Les autorités et parents biologiques de Neha tergiversent. Ces derniers empêchent la procédure d'aller à son terme. « Le consul m'a informée qu'ils ne voulaient plus que Neha soit adoptée. Mais ils étaient d'accord pour un visa scolaire, renouvelé tous les 11 mois. »
Ça tombe bien. « Je l'avais inscrite à l'école primaire de Fleury-sur-Orne, annonce l'adoptante. J'avais rencontré son directeur à qui j'avais amené les cahiers de Neha. » Mais les retours réguliers au Népal ne la satisfont pas. « Par expérience, je sais que les enfants qui viennent en France oublient leur langue. Et si ses parents biologiques changeaient encore d'avis et ne voulaient plus la laisser repartir ? »
Cet ultime rendez-vous à l'ambassade de France sert de déclencheur à Marie-Hélène Le Pargneux. « Ce jour-là, j'ai décidé que je rentrais. » Ce qu'elle fait le 23 août. Non sans regret. « Les parents biologiques se sont affolés. Ils m'ont appelée en France pour me dire qu'ils n'avaient pas tout compris à l'ambassade, qu'ils voulaient que Neha vivent en France. » La fillette a été placée de nouveau en orphelinat, à Katmandou.
Dernières tentatives
Les dernières tentatives de faire venir Neha en la faisant accompagner par un avocat ou par une amie ont échoué. Aujourd'hui, le seul espoir de Marie-Hélène Le Pargneux passe par la commission d'adoption, au Népal. « J'attends la fin de l'année pour voir s'ils repassent le dossier. » Sans trop y croire.
La Fleurysienne pense avant tout à « se protéger ». Occupe son esprit par le travail. Mais ne tire pas un trait sur cette petite fille qu'elle voit toujours comme sa fille. « Je continuerai à la soutenir. Jusqu'à ce qu'elle soit adulte. Je la parraine, je paie sa pension à l'orphelinat. C'est une évidence pour moi. » « Elle s'y est attachée, nous aussi », résume Marie-Paul Delhon, coordinatrice du comité de soutien d'une centaine de personnes. Marie-Hélène Le Pargneux fond en larme. Hantée malgré elle par son rêve de famille.
Josué JEAN-BART.

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