A l'origine des difficultés, « une perte de marchés » dans la grande distribution, explique Françoise Bacon, déléguée CGT chez Jeannette. « Le fond du problème remonte à juin 2006, détaille Charles Palenfo, le directeur général (1). Nous avons dénoncé et abandonné deux références premiers prix. Ces marchés nous faisaient perdre de l'argent, mais la centrale d'achat refusait de renégocier les prix. Ensuite, elle nous a sanctionnés en nous retirant trois autres produits. » Des déréférencements effectifs au printemps dernier.
« On a alors décidé de réadapter l'outil à notre production. Mais nous avions aussi des projets. Nous hésitions donc à nous priver de personnes compétentes. Finalement, au dernier trimestre 2007, nous avons décidé de rendre le plan social effectif », décrit Charles Palenfo. « La hausse énorme du coût matières premières » est venue s'ajouter aux difficultés initiales, constate de son côté Françoise Bacon. Qui revient sur le calendrier : « En janvier, le tribunal de commerce a décidé d'une poursuite d'activité de Jeannette, sans redressement judiciaire. Car la société n'était pas en cessation de paiement. En revanche, le plan de sauvegarde, les licenciements ont été maintenus. »
« Se diversifier »
La déléguée syndicale poursuit : « Lundi, la direction a donné la liste des employés concernés. Je suis révoltée, inquiète. Je pense que, au vu des critères de licenciement, certaines personnes, élevant seules des enfants, ne devraient pas y figurer. » Charles Palenfo conteste : « Nous nous sommes basés sur des critères objectifs, qui s'appliquent à tous : âge, ancienneté, situation familiale et qualités professionnelles, c'est-à-dire l'activité réelle des salariés dans l'entreprise. » Les personnes licenciées auront droit à une convention de reclassement personnalisée. Une cellule les suivra pendant un an. « Sans ce plan social, tout le monde aurait pu finir par perdre son emploi. On n'avait pas le choix. Mais on n'oublie pas ceux qui partent. On va les aider à retrouver un emploi », reprend Charles Palenfo.
Quel avenir pour Jeannette ? Françoise Bacon se montre prudente : « Il faut qu'on retrouve des marchés. » Charles Palenfo est plus optimiste : « On a fait face, maintenant on reconstruit. On repart avec une structure plus adaptée. » La biscuiterie, qui travaille surtout pour les grandes surfaces, s'est attelée à « se diversifier ». En développant « l'export et la restauration hors foyer ». Elle compte par ailleurs une dizaine de magasins de vente directe aux particuliers.
Virginie JAMIN.
(1) En 2001, alors en liquidation judiciaire et promise à la fermeture, la biscuiterie a été reprise par Charles Palenfo et l'homme d'affaires Jean-Claude Cherrier. Elle employait à ce moment 63 salariés, pour 10 millions d'euros de chiffre d'affaires.

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