Football : Caen parie sur son maintien, Paris sur son salut
Au match aller, le Caennais Nicolas Florentin avait terrassé le PSG de Ceara, dépité. Depuis, Paris a subi d'autres désillusions mais voudra se relancer à d'Ornano. : Stéphane Geufroi
Ligue 1. Caen - PSG, 20 h. Le SMC, sans Seube, ne veut pas relâcher son effort. Privé de Rothen, Paris aura obligation de ne pas rentrer bredouille.
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À force de marcher sur la tête, le championnat de L1 fait craindre une épidémie de torticolis. Tenez, à cinq journées de la fin, il reste encore de la marge au Stade Malherbe dans la course au maintien. Vu son statut de promu et son début de saison poussif, il y a lieu de s'en étonner.
À l'inverse, le PSG, 18e et donc relégable, n'en finit plus d'être rongé par le doute. Au miroir du monde à l'envers, on se demande ce qu'une écurie d'un tel standing peut bien faire dans cette galère. Surtout après sa récente victoire en Coupe de la Ligue, qui lui assure déjà un ticket pour la prochaine campagne européenne.
À Paris, l'heure n'est plus à l'introspection mais à l'action. « Il ne faut pas lâcher, insistait Pauleta, fatal buteur du mercredi soir car en championnat, on a besoin de points. Pour cette fin de saison, les joueurs de Carquefou peuvent être des exemples pour nous tous... »
Si le PSG joue une partie de son salut à d'Ornano, Caen ne finit pas son parcours en roue libre. « Notre challenge du maintien n'est pas terminé, rappelle Cédric Hengbart. C'est vrai que ça fait bizarre de ne pas croiser un PSG mieux classé mais l'idée qui nous anime, ce n'est pas de l'enfoncer mais de grappiller encore quelque chose. »
Dominés à Bordeaux (2-1), malgré un contenu intéressant, les Caennais affirment avoir « digéré » ce revers. « On a gêné Bordeaux, reprend le défenseur caennais et fait jeu égal. » À domicile, surtout face à une équipe mal dans sa peau, le Stade Malherbe s'estime en mesure de faire au moins aussi bien, le résultat mis à part. « Car on a perdu, on ne peut donc pas se contenter de ça », tranche Rémi Gomis.
Né au ballon rond dans les Yvelines, le jeune milieu caennais mettra un mouchoir sur ses sentiments ce soir. « Paris, c'est mon club de coeur, depuis que je suis tout petit. Avec mon club de Fontenay-le-Fleury, on allait voir les matches au Parc. » S'il convient que la situation du PSG n'est « pas évidente à gérer », Gomis assure : « Je serai Caennais à 100 %. »
« Pas de réussite... »
Yoan Gouffran n'en pense pas moins. Tout en appelant à la vigilance : « J'ai vu des matches des Parisiens. Ils ne jouent pas mal mais n'ont pas trop de réussite, prennent des buts bêtes. » Avant-dernière défense de L1, le Stade Malherbe fera bien de se méfier, elle aussi, d'autant que Paris présentera une équipe plus solide qu'à Carquefou, même si Diané et Rothen manquent à l'appel, ce qui nuira à l'animation de son flanc gauche. Mais Pauleta sera là. « Et lui, il peut marquer à tout moment », glisse Hengbart.
En fait, pour cette « avant-der » à la maison, avant la venue de Rennes le 3 mai, Malherbe oscillera entre deux tentations : profiter du désarroi adverse ou voir venir. « On peut continuer à faire douter cette équipe, indique Nicolas Florentin. Il faudra qu'on percute, qu'on provoque, à condition de ne pas laisser d'espaces entre nos lignes. »
À l'aller, le gaucher avait profité d'un cadeau de Ceara pour clouer le bec à Paris. « C'était mon 1er but de la saison, en plus dans une belle période. On avait bien défendu en bloc et placé des contres. » À l'époque, Paris était déjà 18e, ce qui atteste bien que le mal est profond. Caen, alors 10e, a égaré quelques places en chemin, mais n'en touche pas moins au but. Aujourd'hui, Paris a tout à perdre, Caen un peu de tranquillité à gagner.
Jean-Pascal ARIGASCI.
Ouest-France