A la droite de Caroline Aubert, l'Asie. A sa gauche, l'Europe. L'ancienne Mondevillaise ne regrette pas son exil russe, mais tout n'y est pas rose. C'est conforme à ce que j'envisageais. L'adaptation s'est très bien passée, j'ai débarqué dans l'euphorie de l'Euroligue. Nous avons éliminé le CSKA Moscou en quart de finale, je marque dix points à 100 % de réussite, et il y avait 6000 spectateurs dans notre salle... Puis il y a eu un petit coup de mou. En championnat, le club doit toujours compter deux Russes sur le terrain, et ne peut aligner que cinq étrangères. Le coach Buffard doit écarter une intérieure, et une extérieure, et choisir entre Taylor, Harrower, Bibrzycka et moi (1). Ces derniers temps j'ai pas mal été mise de côté. C'est toujours une déception.
Est-ce dur de s'imposer dans votre nouveau club ?
Oui. Je suis arrivée en cours de saison, au milieu de filles très connues. Je me considère un peu comme la petite jeune du groupe, alors que beaucoup sont moins âgées que moi. Je n'ose pas trop parler, faire ma place. Depuis mon arrivée, Kristi Harrower, qui est ma concurrente à la mène, a élevé son niveau de jeu. Il aurait fallu que je prouve dès le début que j'étais mieux qu'elle.
Regrettez-vous votre choix ?
Non, je suis contente d'être venue ici. Même si la France et mon mari me manquent, et qu'il y a des jours un peu longs. La situation de Mondeville fait que je vis aussi difficilement mon départ. Je ne pensais pas que ce serait aussi difficile. Est-ce que je serais partie si j'avais su que l'équipe aurait autant de soucis ? Je me pose la question. Même si les filles sont capables de se débrouiller sans moi, et que l'on ne saura jamais ce qui se serait produit si j'étais restée. Mais tout n'est pas lié à mon départ. Nous avions déjà des problèmes à l'intérieur, en manquant de fille fiable à 100 %, et Dabovic n'apporte pas tout ce que l'on escomptait.
Le club a-t-il eu raison de vous transférer ?
C'est dur comme question... J'ai tendance à dire oui, car cela m'a permis de vivre tout ça. Si on ne pense qu'à l'équipe, non. Il faut attendre le résultat final. Si Mondeville ne joue pas la coupe Fiba, ce que je n'ose imaginer, le président se dira sans doute qu'il a fait une boulette.
Cela vous embête qu'on parle de coupe Fiba, quand une place en Euroligue tendait les bras avant votre départ ?
Non, ce n'est pas un déshonneur de jouer cette compétition, si l'on y a des ambitions. C'est sans doute un cycle comme il y en a dans l'histoire de tous les clubs. Il y a parfois des envolées, parfois des stagnations, il faut savoir se remettre en route.
Suivez-vous toujours les résultats mondevillais ?
Oh oui ! Je suis tout sur internet, en direct, et cela me fait me coucher à deux heures du matin. En cas de défaite contre Valenciennes, il faudra aller gagner à Clermont, et ce ne sera pas évident !
Savez-vous ce que vous ferez la saison prochaine ?
Oui, a priori, mais je ne veux pas le dire. Une chose est sûre, je ne continuerai pas comme 2e meneuse.
Reviendrez-vous à Mondeville ?
Je ne sais pas. Il y a une chance, oui, mais peut-être pas à la rentrée.
Recueilli par D. F.
(1) Harrower et Taylor sont deux joueuses clés de l'Australie, championne du monde. Bibrzycka est la meilleure scoreuse d'Ekaterinburg, et l'une des meilleures shooteuses au monde à trois points.
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