Brigitte Le Brethon (à gauche) a inauguré, hier, l'un des premiers défibrillateurs automatiques proposés en libre-service à l'extérieur des pharmacies. Haut les coeurs, les défibrillateurs arrivent. La semaine dernière, on a pu les voir éclore sur différentes devantures de pharmacies. L'installation se poursuit. D'ici le 31 décembre, « il y aura 29 pharmacies équipées », promet Jean-Pierre Brenet, directeur du service hygiène et santé de la mairie de Caen.
L'appareil se présente sous une coque plastique. Vous la retirez, une sirène retentit et vous êtes mis directement en relation avec le Samu. Une fois les secours alertés, il ne reste qu'à décrocher le défibrillateur automatique et à l'utiliser sur la personne inanimée, quand elle ne respire plus. Vous ne vous en sentez pas capable ? Aucune crainte à avoir, pourtant. Une fois le bouton de mise en route pressé, l'engin va vous guider, grâce à une aide vocale, et vous indiquer précisément quels gestes faire : poser les électrodes sur la poitrine, se reculer pendant le choc ou encore masser le coeur. Si le précieux organe n'est pas en « fibrillation » (activité anormale du muscle cardiaque), aucun courant électrique n'est envoyé.
Pour préserver le cerveau
Même si le recours à un tel appareil peut impressionner, il ne faut pas hésiter longtemps à l'utiliser. « Une minute d'arrêt cardiaque, c'est 10 % de cerveau en moins », a rappelé le Pr Gilles Grollier, chef du service cardiologie au CHU de Caen. C'est d'ailleurs à l'initiative de l'association Cardiologie à la portée de tous, dont il fait partie, que ces défibrillateurs ont été installés à Caen, après Cabourg en mai 2006 (lire en dessous du tableau).
Hier après-midi, Brigitte Le Brethon a inauguré l'un des premiers appareils proposés en libre-service à l'extérieur des pharmacies. Pourquoi les officines ? « Parce que jour et nuit, on peut les repérer », souligne le maire UMP, qui a émis ce voeu en février dernier. En juin, une réunion était proposée aux 41 pharmaciens de Caen : 25 sont venus et 14 ont d'emblée accepté de s'associer à l'opération.
Plus de 90 000 € par la mairie
Mais il fallait en trouver 29 au total. « Pour les autres, on a fait du porte-à-porte », confie Jean-Pierre Brenet. Le petit coup de pouce financier est venu de la Caisse d'assurance-maladie des professions libérales (qui a financé dix appareils à 1 320 € HT l'unité) et la Caisse d'épargne (cinq). La mairie débourse, elle, plus de 90 000 €, pour payer vingt machines et en poser trente avec leur coque.
L'exemple intéresse déjà d'autres grandes villes, « comme Nantes », cite un cardiologue du CHU. Mais Caen se préoccupe d'abord de finaliser son maillage. Entre les pharmacies, les lieux publics (hôtel de ville, château, hippodrome ainsi que trois foyers résidences municipaux) et les trois appareils embarqués dans les véhicules de la police municipale, quarante défibrillateurs sont déjà en service. Cinq autres devraient arriver au Mémorial, au Cargö, au Zénith, à l'hôtel Mercure place Courtonne et au centre Paul Doumer. La municipalité en souhaite « cinquante au total ». On peut espérer qu'elle renforce certains quartiers tels que le Chemin-Vert, la Vallée des Jardins, la Grâce-de-Dieu et Vaucelles.
Laurent NEVEU.

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