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« Venir voir l'assistante sociale dans un service de police n'est pas anodin », dit Céline Tribert. « C'est bien connu, les policiers ne font jamais de social ! », lance, ironique, Jean Bouteloup, directeur départemental de la sécurité publique du Calvados. Comme au Havre (Seine-Maritime), il a initié ce poste expérimental pour un an. Mis en place avec la Délégation régionale aux droits des femmes et à l'égalité (État), financé par le Fonds interministériel de la prévention de la délinquance, il est porté par l'association de réinsertion Retravailler de Basse-Normandie.
« Cela concernetout le monde »
« La victime, il n'y a guère que le policier qui la voit : l'enquêteur au début et éventuellement l'avocat. » Céline Tribert servira d'« interface entre les différents services sociaux du secteur de l'agglomération caennaise ». Ses marges de manoeuvre restent larges. « C'est quelqu'un sur qui nous n'avons aucune autorité », précise Jean Bouteloup. « Je suis autonome, insiste-elle, je fais preuve d'initiative pour mettre en place les choses, petit à petit. » Pas de comptes à rendre : « Tout ce qui se passe dans mon bureau est confidentiel. »
« Quand j'ai eu connaissance de cette création de poste, je n'ai pas hésité, affirme-t-elle, enthousiaste. J'étais tout à fait convaincue du lien entre un service de police et un service social. » Pour démarrer, elle cible les victimes de violences conjugales et intrafamiliales. « Mais il n'y a pas de restrictions, ça concerne tout le monde. »
Elle accède à toutes les mains courantes, traces écrites qui ne font pas office de plainte. « Une ouverture d'esprit de la police », selon elle. « À la lecture de certaines déclarations, il m'arrive de proposer discrètement une rencontre aux victimes. Me voir, en civil, peut les rassurer... et les inciter à aller plus loin : porter plainte. Se trouver au sein du commissariat permet aussi d'ouvrir les portes à ceux qui ne fréquentent pas les services sociaux. J'ai été surprise des publics que je reçois. » La délinquance n'a pas de frontière sociale.
Nathalie HAMON.
(1) Dans la Manche, un travailleur social est en poste depuis le 6 mai : le mardi à Saint-Lô, le jeudi à la gendarmerie d'Avranches.