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Junon apprend qu'elle est atteinte d'un cancer et que seule une greffe de moelle osseuse donnée par un membre de sa famille peut la sauver. Noël approche. Toute la famille se réunit dans la maison parentale à Roubaix.
«- Je ne vous connaissais pas...
- Moi non plus.
- C'est moi qui ai un cancer...»
Il y a sans doute manière plus délicate de rompre la glace, mais on est comme ça dans la famille. Entre Junon et Faunia, la nouvelle petite amie de son fils Henri, la première rencontre sera franche, brusque et radicale. Et il en va de même à tous les étages de la maisonnée. Parents et enfants ou frères et soeurs, on ne se fait pas de manières pour se dire les vérités qui font mal.
C'est la fête de Noël qui provoque les retrouvailles sous le toit de la maison commune à Roubaix, mais une urgence plus dramatique occupe tous les esprits. Junon, qui naguère avait perdu son premier enfant emporté par cette maladie, apprend qu'elle est atteinte à son tour d'une leucémie qu'aucune chimiothérapie ne peut guérir. Il lui faut un donneur potentiel de moelle épinière parmi les membres de sa famille. Le seul compatible est Paul, ce fils qu'elle a conçu autrefois uniquement dans le vain espoir que, déjà, il sauve son frère aîné par une greffe...
Premier représentant du cinéma français dans la compétition cannoise, Arnaud Depleschin (Rois & reine, Comment je me suis disputé...ma vie sexuelle ) y vient avec une chronique âpre et rude, qui voit les liens de la famille sous l'angle du harcèlement, de la violence, de l'excès. Un conte pour régler les comptes. Avec leur sensibilité à fleur de peau, tous ses personnages n'ont que faire des bonnes manières policées à l'heure de trancher dans les séquelles d'un passé qui depuis tant d'années exaspère leurs rapports. Puisque la coexistence est plus imposée que choisie, -jamais les enfants ne diront papa et maman mais bien Abel et Junon-, chacun y va de ses exigences, de ses rancoeurs, de ses provocations. Avec pourtant, ici et là, comme un accident bien venu, quelques douces échappées sentimentales capables à l'occasion de venir dans une douce respiration tempérer des échanges par trop radicaux.
Une mise en scène d'une constante fluidité saisit avec intelligence les bouillonnements de ce torrent dense et imprévisible qui charrie de furieuses empoignades verbales et même physiques. Au pied de ce sapin de Noël, on ne se fait pas de cadeaux. Une bande-son pleine de trouvailles contrastées donne le rythme d'un récit découpé en chapitres alternés pour saisir les points de vue des uns et des autres. Catherine Deneuve, Jean-Paul Roussillon, Mathieu Amalric, Anne Consigny, Emmanuelle Devos, Melvil Poupaud, Chiara Mastroianni, il y a là le généreux générique qui convenait pour faire vivre les couleurs d'une famille de tempéraments.
William, Toulouse : "confusion des personages dans la critique"
"Le seul compatible est Paul, ce fils qu'elle a conçu autrefois uniquement dans le vain espoir que, déjà, il sauve son frère aîné par une greffe..."
Pour un critique, ce n'est pas très sérieux de se mélanger les personnages...
Ici il s'agit d'Henri... (21/07/2008)
jean marc, Brest : "Bon sujet mais un peu long"
j'ai été un peu déçu par les longueurs de ce film.
certes la vie de cette famille n'est pas une exception, cette greffe n'est que le prétexte du film.
toutefois certaines longueurs auraient pu être édulcorées.
rien à dire sur le jeu des acteurs.
Deneuve est parfaite pour ce rôle.
Hypocrisie, dédain, haine, faux semblants, ambiance bien glauque d'un univers familial bourgeois dans lequel on ne s'attend pas, en temps normal, que les choses soient dites aussi froidement.
pour moi c'est vraiment un film d'atmosphère dont il faut se délecter. quant à la trame de l'histoire, elle passe au second plan et ne constitue pas une fin en soi. (21/06/2008)
fabrice, coex : "qu'elle deception"
2 h 30 dans une vie peut paraitre bien long qd on regarde un tel film. J'aime les ambiances tordues, trash, loufoques tel festen ou almodovar mais la, ca tombe a plat, bien a plat. Amalric est insupportable, dommage, les autres pas mieux. Reste catherine égale a elle meme, pas de surprise mais au moins la, j'ai pas été décu.
Sinon, j'ai peut etre pas compris.......un brouillon, vivement le propre. (15/06/2008)
gilda, Clichy la Garenne : "en fait ce n'est pas si simple"
(réponse à Hug et puis Lola) :
ce n'est pas du foutage de gueule, ce sont je crois des questions qu'il se pose ou dont les réponses peut-être ne s'avouent pas. Il m'est aussi arrivé de subir une attitude incompréhensible, d'en souffrir, et de ne vraiment pas comprendre pourquoi. Au sein de la famille c'est pire car quoi qu'on fasse le lien perdure : qu'on s'évite ou non, on reste frère ou soeur ou père ou enfant ou mère ou cousins ...
J'ai été émue par la souffrance d'Henri, même si son passé nous est donné bien lourd. Très touchée et triste pour bien d'autres choses. Pour moi ce film est tout sauf froid.
Cela dit je suis une vieille cinéphile alors les codes qu'il emploie, une façon de filmer brillante et magistrale (peut-être un peu trop virtuose ?) et qui renvoie aux grands aînés, ne me gêne pas, bien au contraire, pour éprouver de l'émotion.
Il y a sans doute de la part du réalisateur un côté Comprend qui pourra. Et qui pour un spectateur qui s'attendait à un film linéaire et n'aura pas vu ses précédents peut sembler agaçant et donner l'impression de "passer à côté". Personnellement et hélas ce film, ses ellipses, son apparente complexité, m'a aidée et à la fois peinée, mais précisément parce qu'en tant que film il n'était pas raté. (14/06/2008)
Lventriloque, Nantes : "Je les ai tous trouvés délicieusement tordus comme on l'est dans bien des familles !"
Jusqu'ici, Arnaud Despleschin me tapait sur les nerfs avec son obsession médico-morbide. Mais là, euréka, c'est ma famille ou quoi ?... Identification et grande tendresse pour les personnages, cyniques pour camoufler pas mal de tendresse ! Certes, la manière d'aborder le cancer, la greffe semble le comble du grotesque, mais justement, la maladie a tellement de puissance qu'il faut bien la contourner par la légèreté ! Et dans les groupes humains, c'est plein d'amours interdites ou forcées au contraire. Le lien familial est incontournable de toute façon, même si on le porte de loin. Admirablement ficelé, une collection de musiques en sourdine. Peut-être un peu trop de chuchotements, le dvd sera le bienvenu. Acteurs tous au mieux de leur forme, et hymne à la vie. Familles lisses s'abstenir, ou alors plus tard, après quelques bosses.... Cabossés en voie de délivrance et soignants attentifs, ce film vous remuera les sangs ! (10/06/2008)