Tennis de table : Caen TTC : maintien assuré, ambitions mesurées
Andreï Filimon demeurera l'atout numéro un normand l'an prochain. Loïc Bobillier (en haut à droite) va s'en aller en Allemagne, Jimmy Devaux (en bas) va acquérir le statut de remplaçant, pas encore celui de joueur professionnel.
Pro A. Un match nul obtenu mardi contre Metz assure définitivement le maintien normand. Bobillierva s'en aller l'an prochain et sera remplacé par Devaux. Caen visera encore le maintien.
« Moi j'étais convaincu à 90 % qu'on se maintiendrait », affirme Andreï Filimon, meilleur performeur caennais de la saison et grand artisan du nul arraché mardi soir contre Metz. Comme un symbole de cette solidarité, de cet état d'esprit qui a permis aux Calvadosiens de renouveler leur bail en Pro A, le Roumain a mis de côté l'énorme désillusion d'une non qualification aux Jeux Olympiques pour apporter deux précieux points à son équipe mardi.
L'Allemagne pour Bobillier
Caen renouvelle donc son bail en pro A, terminera à la 6e ou 7e place en fonction de son résultat lors de l'ultime journée à Pontoise. C'est moins bien que la saison précédente. Mais le minimum syndical est acquis. Celui qui permet au nom d'un gentleman agreement passé entre les joueurs de conserver Plachy, Filimon et Monteiro l'année prochaine. Bobillier, lui, va s'en aller. Pour jouer et se remettre en question. Direction l'Allemagne. Il s'entraînera à Dusseldörf et jouera en Pro B « teutonne », à 60 km de là, à Hagen. Caen ne recrutera pas de quatrième élément, misera sur la promotion interne via Jimmy Devaux qui intégrera les 150 meilleurs joueurs français et aura droit au statut de remplaçant. Plus qu'une philosophie, c'est un choix dicté par les finances.
Le TTC Caen, au budget de fonctionnement de 350 000 euros, a perdu son sponsor principal en début de saison. Un partenaire qui s'était engagé sur trois ans et dont les 50 000 euros qu'il devait donner annuellement ont été provisionnés. Le mécène (Atalis) a fait faux bond, le TTC Caen a dû faire sans, alors qu'il traîne également un remboursement annuel de 20 à 25 000 euros datant de l'époque où le club vivait au-dessus de ses moyens.
Devaux en lieu et place de Bobillier, Caen sera donc intrinsèquement plus faible l'an prochain que cette saison. Même s'il compte sur le même trio majeur, même si Monteiro est monté en puissance en deuxième partie de saison. Car Devaux est encore trop tendre à cet échelon pour palier raisonnablement à une blessure éventuelle ou une méforme. Le risque est grand en cas de gros pépin, même si l'entraîneur tempère : « Quasiment toutes les équipes de Pro A, fonctionnent aujourd'hui avec trois titulaires et un remplaçant par logique financière. Loïc (Bobillier), n'a pas non plus apporté sa pierre à l'édifice en championnat cette saison (8 défaites en 8 matchs), on revient comme à l'époque ou David Pille dépannait ». Hennebont, Cestas, Angers, Levallois et Pontoise se sont renforcés, Caen ne peut se le permettre. « On ne mettra pas les finances du club en péril », clame le président, Jean-Bernard Hébert. le TTC Caen est donc promis à nouveau aux rangs de 6 à 10, l'an prochain, en espérant que son trio majeur évolue à vitesse de croisière.
David GUÉZENNEC.
Ouest-France