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Imaginée voilà environ trois ans, la résidence reste toujours un projet de 34 logements, entre le 37 et le 43, avenue de Tourville. Mais seulement sur le papier. Sur une sorte de terrain vague poussent les herbes folles. L'immeuble à démolir, sans ses fenêtres, offre un spectacle peu reluisant.
Depuis le lancement, riverains et promoteur immobilier se font la guerre. La SARL La Villa de Tourville, avec à sa tête la famille Gomes, a investi presque trois millions d'euros en achat de terrain et frais divers, dont l'indemnisation des occupants et de voisins.
Hastings Saint-Nicolas, composée « d'urbanistes vigilants », et deux habitants de l'avenue de Tourville, contestent deux permis de construire : un permis modificatif de l'immeuble accordé le 9 février 2007. Les premiers permis datent d'octobre 2005.
L'affaire a été plaidée le 24 juin, le jugement a été rendu voici quelques jours. Le tribunal administratif annule le permis modificatif pour cinq motifs. Primo, la construction projetée se trouve dans le champ de visibilité de l'abbaye aux Dames, classée Monument historique. Le maire a ainsi fait droit à une demande de nouveau permis de construire. En conséquence, le promoteur ne peut se prévaloir des droits qu'il tiendrait du permis initial.
Par ailleurs, la hauteur de la construction excède celle des maisons et immeubles voisins. Manque aussi une place de stationnement : 44 au lieu des 45 exigibles. Quatrième motif : l'immeuble autorisé tant par le permis initial que par le document modificatif, devrait être implanté à moins de 10 m du ruisseau des Blanchisseries, qui constitue un cours d'eau.
Enfin, compte tenu de la surélévation du parking initialement conçu en sous-sol, l'ensemble du terrain doit être regardé comme couvert de constructions, ce qui méconnaît les règles du Plan d'occupation des sols.
Le tribunal alloue 150 € au titre des frais de procès à l'association Saint-Nicolas-Hastings et transmet jugement au procureur de la République de Caen.