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Le Stade Malherbe de Caen

Édition du mercredi 15 octobre 2008

Rémi Gomis, un baptême entre rires et larmes

SM Caen. Samedi, le milieu défensif du Stade Malherbe a vécu sa 1re cape avec le Sénégal. Il n'est pas près de l'oublier, tant l'affaire a mal tourné.

La convocation. « La saison passée, j'avais décliné une convocation. Je venais de débuter en L1 à Caen, je ne me sentais pas prêt. Cette fois, j'ai répondu favorablement. Dès le rassemblement, j'ai été super-bien accueilli. J'étais le petit nouveau, mais je connaissais quelques joueurs, comme Dia (NDLR : de Nancy), qui ont facilité mon intégration. »

Le Sénégal. « Mes parents sont nés là-bas. Moi, j'y suis allé pour la 1re fois en juin 2008, en vacances. J'avais assisté à un match contre l'Algérie à Dakar. L'ambiance m'avait épaté, ça donnait envie. J'ai fait le choix de la sélection sénégalaise, car en France, il y a beaucoup de bons joueurs, donc c'est plus difficile de percer. Bafe Gomis (NDLR : son homonyme de Saint-Etienne) a fait le choix de la France, mais il était difficile pour lui de refuser... »

L'enjeu. « On jouait un match contre la Gambie, à Dakar. L'enjeu était énorme : un nul ou une défaite nous privait du Mondial 2010 et de la Coupe d'Afrique des Nations la même année. »

Le match. « En 1re période, la Gambie s'est jetée sur tous les ballons, nous a bousculés. Ils étaient comme des morts-de-faim. En 2e période, on a rectifié le tir. Moi, je suis entré à 35 minutes de la fin, à 0-0. On a ouvert la marque ensuite dans une explosion de joie. Les 60 000 personnes faisaient la fête, c'était coloré, beau à voir... Jusqu'à l'égalisation gambienne, sur un coup de pied arrêté, à 4 minutes de la fin. Là, le scénario a dérapé... »

L'après-match. « On a quitté la pelouse sous un déluge de bâtons, de bouteilles, de cailloux... On est restés enfermés plus de deux heures dans le vestiaire, le temps que la police repousse les supporters. On a été évacués par petits groupes dans des camionnettes, car notre bus était caillassé. Il y avait encore beaucoup de monde autour du stade, à nous attendre. La nuit, on est restés protégés dans l'hôtel. Je regardais les infos à la télé. On voyait des images de voitures incendiées. Il y a même eu le feu à la Fédération sénégalaise. J'ai essayé de trouver le sommeil, pas évident.... »

Le retour. « J'ai repris l'avion dimanche pour arriver lundi à Caen. C'est sûr qu'après ce que j'ai vécu, ça me paraît plus tranquille. Je ne suis pas du genre à me poser plus de questions que ça, mais ce qui s'est passé restera un long moment gravé dans un coin de ma tête. »

La suite. « C'est la réception de Grenoble, samedi prochain. Ce ne sera pas une partie de plaisir, vu le début de saison de cette équipe. Mais on reste sur de bonnes sorties à d'Ornano, où l'on a pris l'habitude d'aller de l'avant. Et on a tous envie d'effacer le sentiment d'inachevé, après notre dernière défaite à Marseille, où on est tous persuadés qu'il y avait mieux à faire... »

Recueilli par

Jean-Pascal ARIGASCI.

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