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Impôts, hôpitaux de Caen et Bayeux, Direction régionale Jeunesse et Sports, personnel du CNRS, pompiers... Si les enseignants formaient le gros des troupes, de nombreuses autres professions ont grossi les rangs de la manifestation Parti de la place Saint-Pierre, elle s'est dispersée devant la préfecture, vers midi. Porte-parole de la large intersyndicale montée au créneau hier (FSU, Unsa, CGT, Solidaires, CFDT, CFTC, Unsa, Force ouvrière), Sylvian Mary, secrétaire départemental de la FSU, a donné le ton un peu plus tôt : « Aujourd'hui, il s'agit de contrer le gouvernement, d'exiger des services publics de progrès social, au service de la population. » Il fustige « un président qui ne voit dans la Fonction publique que des dépenses à réduire à tout prix, en ignorant les richesses qu'elle constitue ».
« Approche rétrograde »
Prof à Hérouville, Dominique, 44 ans, manifeste avec son fils Gaëtan sur ses épaules : « Comment avec toutes ces suppressions, un enseignant va-t-il pouvoir faire sereinement son travail l'an prochain ? Je ne vois pas. Bâcler le travail, c'est la négation de tout ce que j'ai appris. » Sa femme est sur la même longueur d'ondes : « Cette réforme, elle nous tombe sur la gueule. Peut-être qu'il en faut, mais là on a l'impression qu'elle n'est pas pensée. C'est pour des économies budgétaires, point barre. Mais pour faire quoi derrière ? Quelle société, quelle école pour nos enfants ? » Claire, 43 ans, est parent d'élève. Membre de la FCPE, elle s'inquiète d'une « approche rétrograde de l'enseignement, du discrédit jeté sur les professeurs ».
Douanier à Ouistreham, délégué CGT, Philippe Elyakime s'insurge : « La réforme, les économies, c'est pour financer les 15 milliards de cadeaux aux grands groupes. On ne comprend pas l'intérêt. Sauf que l'intérêt de l'argent est plus fort que l'intérêt général. » Il s'inquiète « d'une politique générale de démantèlement des services publics, au détriment des Français. » Et décrit : « Aux Douanes, depuis 1993, on a perdu des milliers d'emplois. Une restructuration n'est pas terminée qu'une autre arrive dessus. »
Délégué Sud Recherche, Loïc Revert brandit une banderole du CNRS. Une trentaine de ses collègues marchent dans le défilé. « On est plus que d'habitude. » Objectif : « Défendre la recherche publique, indépendante, très menacée. » La direction régionale jeunesse et sports a aussi fait le déplacement en nombre. Laura et Guillaume y travaillent : ils insistent sur « le côté éducatif » de leur rôle, « fondamental ». Secrétaire CGT à l'hôpital de Bayeux, Jean-Paul Hamel est lui aussi « autant inquiet pour le statut que pour l'usager, le patient qui va subir les conséquences des réformes ».
Virginie JAMIN.
À Lisieux, 300 manifestants se sont rassemblés hier matin, avant de défiler.
À Paris, 300 Bas-Normands iront participer, dimanche 18, à la manifestation nationale pour l'Éducation : 200 partiront en train de la Manche et du Calvados, 100 en bus de l'Orne.