Le marché de Noël de Caen sur la place Saint-Sauveur l'an prochain?
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Laurent Gerra














Rue des Roches à Mondeville, une des carrières de l'agglomération caennaise redécouvertes une bonne soixantaine d'années plus tard. Quelle découverte derrière la brèche ! On marche sur de la sciure de bois. Intacte, elle servait sans doute de lit. C'est la première chose qui frappe en foulant le sol de ces galeries d'une dizaine de mètres de hauteur, de centaines de mètres de longueur. « L'atmosphère est très saine, toujours la même température de 12°. Le 6 juin au matin, les premiers réfugiés sont arrivés ici. Ils y resteront jusqu'au 12 juillet. » Combien étaient-ils ? « Au plus fort, entre 500 et 600. Ils sortaient tous les jours. Pour toute la rue des Roches, ils étaient 5 000. Chaque galerie était organisée autour d'enclos familiaux. » Damien Butaeye et Laurent Dujardin sont intarissables. « Cette carrière redécouverte il y a quelques mois est une des plus intéressantes sur le plan archéologique. »
Objets inanimés
Rien ne semble avoir bougé depuis ces temps de guerre. Un flacon de vernis à ongles, de la vaisselle cassée, une bouteille de sirop contre la toux, un magazine pour enfants, des chaussures, beaucoup de chaussures, un lit cassé, des journaux... Éclairés par une lampe à carbure, tous ces objets inanimés ont une âme, oui. Ils dévoilent la vie quotidienne des réfugiés passés là. « Une partie de ma famille a survécu là tant bien que mal. Plus que touché. J'éprouve des sentiments bizarres. » Historien au Mémorial de Caen, Marc Pottier découvre, ému, ce monde inattendu. « Durant l'été 44, ici, à Fleury, La Maladerie, Vaucelles, 15 000 réfugiés caennais ont connu des conditions terriblement précaires. En parcourant ces galeries, on comprend mieux ce qu'ils ont vécu. » Il y a 64 ans.
Jean-Jacques LEROSIER.
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