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Nathalie Picard est québécoise et chante la musique de sa nation indienne des Wendat, les Hurons. Le peuple invisible
Nathalie Picard est musicienne. Elle collecte, rassemble, apprend, réapprend, compose de la musique indienne, sa musique. Ce n'est pas tant que cette musique avait disparu. Non, « ça s'est gardé, mais ça s'est caché. » Les Indiens du Canada, même s'ils n'ont pas subi les persécutions de leurs frères des Etats-Unis, se sont faits « invisibles », comme le raconte le cinéaste québécois Richard Desjardins dans un film qui va sortir prochainement, justement intitulé « Le peuple invisible ».
Lundi soir, Nathalie Picard était à Asnelles, près d'Arromanches. Ce soir, elle est à Honfleur, toujours avec l'ensemble québécois Terra Nova. Les quatre musiciens jouent toutes les musiques que Samuel de Champlain, parti de Honfleur et fondateur de la ville de Québec en 1608, a pu entendre : des musiques jouées à la cour des rois de France, des musiques populaires des provinces françaises et les musiques des Amérindiens.
« Ce sont des danses d'amusement. Ce ne sont pas des chants sacrés, ceux qu'on chante dans la « maison longue », pour les cérémonies. » A l'heure de la world music, Nathalie Picard pourrait faire de cet héritage une musique internationale à succès. Non. Elle est respectueuse de cet héritage. Elle le garde pour le transmettre. « Depuis quatre ans, j'enseigne dans les écoles primaires. » C'est sa manière de « suivre la rivière ». Et d'emporter l'auditeur dans ses vastes plaines.
Philippe SIMON.
Pratique. Concert de l'ensemble Terra Nova, aujourd'hui mercredi 6 août, dans le petit Grenier à sel, à Honfleur, à 21 h. Tarifs : 8 à 17 €. Renseignements au 02 31 89 23 30.