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Lucie Beguin et Anne-Lyse Cauvin, déléguées régionales de SOS Homophobie, participent à la journée mondiale contre l'homophobie, ce samedi place Pierre-Bouchard. « Il n'y avait aucune association étudiante homosexuelle à la fac. Beaucoup d'étudiants évoluaient dans les milieux hétéros. Ils avaient besoin de se retrouver entre personnes ayant vécu la même expérience. » Des choses aussi intimes et sensibles que « la découverte de sa propre homosexualité : tout le monde ne le vit pas de la même manière, personnellement, avec sa famille».
Une communauté de vue... sans tomber dans le communautarisme pour autant. « C'est très important pour nous, rappelle Alice Bebin. Par exemple, on se bat pour la prévention des infections sexuellement transmissibles. Ça concerne tout le monde. Il y a aussi du militantisme. On n'a pas envie de faire un club de rencontres. »
Melting interpelle les élus sur les débats qui traversent la société, comme le mariage et l'adoption homosexuels. « Sans positionnement partisan. » Les dernières élections législatives ont donné lieu à ce type de questions. Les réponses, publiées sur le site internet de l'association. « En texte brut, sans commentaire. »
La vingtaine d'adhérents et la quarantaine de sympathisants se retrouvent aussi de manière plus légère, chaque lundi soir au Sémaphore, 19 h 30. « L'aspect convivial est important, insiste Alice Bebin. Des gens absolument pas militants viennent juste pour rompre l'isolement. » Car les jeunes homosexuels sont fragiles, souvent livrés à eux-mêmes. Il est parfois très compliqué de sortir d'une impasse dont même l'entourage proche ignore l'existence. « Selon une étude, les jeunes hommes homosexuels ont 4 à 7 fois plus de chances de tenter de se suicider que les autres. »
Au début du mois, Melting pomme a organisé une nouvelle rencontre, sur le campus. La projection de The Laramine project, un film retraçant le meurtre d'un jeune homosexuel, battu à mort dans une ville des États-Unis, a rassemblé une centaine de personnes. Un succès qui donne des idées aux responsables de la jeune association. « On a la volonté de refaire quelque chose pour l'année prochaine. »
Mais la première des priorités, c'est de trouver un local, de préférence sur le campus. « Après avoir pris contact avec les associations amies comme SOS Homophobie ou les Enfants terribles, nous allons nouer des liens avec les institutions, annonce Alice Babin. Il nous faut un point de chute, un guichet à l'université. Des étudiants en détresse viennent nous voir sur nos opérations. Mais elles n'assument pas toujours. Il y a forcément une demande, même si elle est silencieuse. »
Josué JEAN-BART.
Pratique. Melting pomme participe à la journée mondiale contre l'homophobie avec SOS Homophobie Normandie et les Enfants terribles, entre autres, ce samedi à partir de 15 h sur la place Pierre-Bouchard ; pour joindre Melting pomme sur internet : www.meltingpomme.org ; e-mail : contact@meltingpomme.org