Lebourgeois : « Le club a peut-être grandi grâce à Venoix »
Poignée de main entre Yvon Lebourgeois et Jean-Pierre Papin. C'était l'époque de Venoix, « d'une équipe de copains ». Une époque qui a permis à Caen de se faire un nom au sein de l'élite. : Archives Ouest-France
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Vous souvenez-vous quel était le budget du club en 1988 ?
Très sincèrement, non. Beaucoup moins qu'aujourd'hui, c'est certain, mais vous dire combien, je ne sais pas. Beaucoup moins d'argent se baladait dans le sport, ça devient énorme. Mais entre nous, joueurs, on ne parlait pas de ça.
Au regard des salaires aujourd'hui, vous dîtes-vous parfois que vous êtes arrivés au football un peu tôt ?
Pas du tout. Il faut vivre avec son époque. Et puis je n'étais pas malheureux. Même si les salaires sont peut-être multipliés par dix aujourd'hui, je gagnais bien ma vie. Ce que je retiens, c'est l'esprit familial, nous formions vraiment une équipe de copains. Malherbe était un tout petit club à l'époque, personne ne nous connaissait.
Quel effet cela vous a-t-il fait de jouer subitement dans la grande cour ?
Monter en D1, il n'en était pas question en début de saison 1987-88. Ce fut vraiment une grosse surprise. Au départ, forcément ça faisait drôle d'affronter des équipes comme Marseille ou Paris qu'on avait l'habitude de voir à la télé. Cela pouvait donner quelques complexes, mais il fallait tout donner.
La marque de fabrique de Venoix...
La première année, ils ne savaient pas à quoi s'attendre, mais ensuite nos adversaires avaient peur de venir jouer ici. Peut-être est-ce aussi grâce à cela que le club a grandi. À d'Ornano, ce n'est plus du tout la même chose. Le terrain est si grand qu'on ne peut plus y exercer le même pressing.
Aujourd'hui, considérez-vous que le club a bien grandi ?
Oui, j'ai été très agréablement surpris par la qualité de jeu l'an passé. Le public peut se féliciter de voir du beau football. Je touche du bois pour cette saison. Le recrutement me semble bien, même s'il manque peut-être un défenseur, mais il faut attendre de voir le début de saison.
Vous pensez assister à beaucoup de matches cette saison ?
Je viens régulièrement à l'entraînement, mais je regarde les matches à la télé. Je viens saluer Titi (Deroin) et Franck (Dumas). Franck, je suis assez fier de ce qu'il fait. Quand il a terminé sa carrière, je crois que même lui ne s'imaginait pas entraîneur. Sa force, c'est de ne pas se prendre la tête.
Ouest-France