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Faut-il deux Normandie ?
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Laurent Gerra














L'équipe d'Oxford Archeology, de gauche à droite : Richard Brown, chef de projet ; Nathan ChiChen ; Catherine Person ; Jane Phimester. Manque sur la photo, Paul Murray. « Un site particulièrement intéressant et qui concerne un roi d'Angleterre », souligne avec humour le Britanique Richard Brown, chef de projet. « La société a remporté l'appel d'offres. Et que le château ait en lien avec l'Angleterre n'a rien à voir », précise Catherine Person. « Tous les sites sont intéressants et nous aident à en comprendre d'autres. »
A mi-chemin des douze semaines de chantier, le remblai du XIXe a été déblayé sans ménagement. En revanche, les couches du XVe sont dévoilées avec minutie. « Le bastion n'a pas subi de grandes modifications. Au cours des siècles il a été une poubelle. » Premier trésor découvert : un loquet gâchette d'une arbalète, utilisée jusqu'en 1386 selon les archéologues
Future salle d'exposition
La céramique et les os, permettent de mieux comprendre ce qu'on mangeait et comment on le mangeait ici et ailleurs à la même époque. « On se demande pourquoi le bastion a été construit et remblayé si rapidement. » Le bâti possède également des mystères toujours pas éclaircis. « Nous avons mis au jour une poterne. Surprenant pour un bastion dont la vocation est défensive... »
Dans un premier temps, il s'agit de compiler les informations pour les interpréter. « Nous ne sommes pas le seigneur du lieu. Nous ne saurons jamais pourquoi il a été construit », sourit Catherine Person qui, comme ses collègues, amasse, répertorie, classe et met sur papier, par secteur, une cartographie des découvertes. « Non seulement il est important de savoir ce qu'on a trouvé, mais également où cela a été trouvé sur le site. Ce sont des connaissances que ne nous serviront peut-être pas, mais que d'autres chercheurs, après nous, parviendront à comprendre... »
Une fois les fouilles terminées, les objets prendront place dans les musées de France. Et le bastion pourra alors vivre une autre vie. Et être aménagé en salle d'exposition permanente.
Corinne PRINTEMPS.