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Le Stade Malherbe de Caen

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Édition du vendredi 11 avril 2008

Le Stade Malherbe ne craint pas le retour de bâton

L1. Bordeaux - Caen, dimanche. Si les Girondins veulent exorciser le 5-0

de l'aller, le Stade Malherbe ne se focalise pas sur ce sentiment de revanche.

Même Lyon n'y est pas parvenu... Le mois dernier, par un dimanche soir de gala à Gerland, le sextuple champion de France n'a passé que quatre buts à la défense bordelaise (4-2). Un de moins que Caen à l'automne dernier.

Ce 24 novembre 2007 restera gravé dans les annales du Stade Malherbe. Son score d'abord (5-0), le plus large de son histoire en L1. Ses péripéties aussi. Après dix minutes de jeu, une mésentente entre Ramé et Planus permit à Yoan Gouffran d'ouvrir le score, sans opposition. Après 36 minutes, Chalmé vit rouge, sur un 2e avertissement. À l'amorce du dernier quart d'heure, Planus laissa ses partenaires à neuf. Dès lors, Caen salait l'addition en ajoutant trois buts aux deux inscrits avant la pause. « Mes gars ont manqué de caractère », pestait à l'époque Laurent Blanc.

C'est peu dire que le coach bordelais n'aura pas à se triturer les méninges pour trouver un ressort psychologique dimanche. La motivation de ses troupes coulera de source. Les Caennais n'ont pas besoin qu'on leur plante le décor. « Quand on prend un 5-0, résume Jérémy Sorbon on n'a évidemment pas envie de tendre l'autre joue. »

« Un peu tendu... »

On dit les Girondins revanchards. En quittant Caen, Jurietti, d'un ton menaçant, avait prévenu que « les Caennais seraient attendus au match retour. »

Entre l'envie d'effacer une cuisante défaite et un sentiment exacerbé de vengeance, Bordeaux devra être en mesure de faire la part des choses. « Le climat sera forcément un peu tendu, anticipe le capitaine Nicolas Seube. Mais si Bordeaux met trop d'impact physique, on pourrait en tirer profit. » « À l'aller, renchérit Sorbon ce sont les Bordelais qui avaient commis des fautes grossières, nous, on avait répliqué en conservant un bloc cohérent. »

Les propos amers des Girondins ont plutôt étonné les Caennais. « D'ordinaire, quand on encaisse un 5-0, on se tait, relance Sorbon. On est bien placés pour le savoir. Quand on a pris 5-0 à Lille ou 6-1 à Marseille, on ne l'a pas ramené. La vérité sort toujours du terrain. » Ces retrouvailles s'annoncent en tout cas pimentées. « Mais c'est surtout parce que Bordeaux est une équipe redoutable à domicile », pense Seube.

Les Girondins s'étaient sentis vexés au match aller. Jurietti avait même évoqué le fait que ses adversaires avaient pris plaisir à « chambrer » ses partenaires en fin de match. « Pour moi, c'est le fait d'un seul joueur, croit savoir Nicolas Florentin. Je n'avais pas ressenti d'hostilité, sinon on n'aurait pas échangé plusieurs maillots en quittant la pelouse. Jurietti avait allumé la mèche par ses déclarations, provoqué sans doute par les questions des médias. »

Caen réfute le terme d'humiliation. « Il n'y avait pas eu de volonté délibérée de se moquer des Bordelais. Mais quand tu mènes 5-0, forcément, tu tentes davantage de choses. » Bordeaux fera tout pour inverser les rôles dimanche après-midi.

J.-P. A.

Ouest-France

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