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Déjà, en 2007, les subventions portaient sur un millier de nouveaux logements sociaux : seuls 900 ont finalement été retenus. Certes, c'est davantage qu'au début des années 2000 : la moyenne tournait alors autour de 750 nouveaux logements sociaux (voir infographie). Cette année, ce sont peut-être 500 logements HLM qui resteront sur le carreau faute de projets.
1 % de logements vacants
Étonnant alors que la tension sur logement social reste soutenue. Le taux de logements sociaux vacants est à peine supérieur à 1 % dans le Calvados. Et ne cesse de diminuer depuis le début de la décennie. Pourquoi ? On peut avancer quatre éléments d'explication.
Primo, le contexte électoral. Par sûr que la proximité des municipales ait été de nature à stimuler chez les élus le lancement de projet qu'ils n'étaient pas certains d'avoir ensuite à mettre en musique.
Secundo, la hausse des prix du foncier et le manque de terrains disponibles dans les communes les plus demandées. Celles qui disposent de réserves foncières étaient jusqu'à présent plus tentées de les vendre à bon prix à des promoteurs que de les céder bon marché à un office HLM. Le renversement en cours du marché de l'immobilier pourrait bien changer la donne à court terme.
Troisième frein : l'ampleur des opérations de rénovations urbaines engagées ces dernières années dans le Calvados (Hérouville, Caen, Lisieux...). 1 354 opérations de démolition-reconstruction de logements sociaux, et 3 500 réhabilitations sont en cours dans le département. De quoi absorber une bonne partie de l'énergie des communes... Et des entreprises du bâtiment, sollicitées de toutes parts et dont les tarifs ont, en conséquence, fortement augmenté.
« Des gens sans histoire »
Le dernier facteur, lui, est plus psychologique. C'est la crainte chez nombre d'élus de faire venir dans leur commune les problèmes sociaux en même temps que les HLM. Un conseiller général confirme. « Spontanément, beaucoup de maires préfèrent lancer des lotissements haut de gamme qui vont leur garantir « des gens sans histoire ».
Une tendance au « repli sur soi » qui soucie le directeur de l'Équipement du Calvados, Jean-Loup Merlot. « On n'en est plus aujourd'hui à faire des barres de 200 logements d'un coup. Les logements individuels constituent les 2/3 de nos constructions. En outre, le logement social, contrairement aux idées reçues, n'est pas réservé aux seuls précaires : actuellement 70 % des ménages français peuvent y accéder. »
« Avant de voir les HLM comme un problème, les élus devraient aussi percevoir qu'il est une solution » estime Jean-Loup Merlot. « Non seulement pour les ménages et leur pouvoir d'achat, mais aussi pour les communes. Il leur permet par exemple de redonner une utilité à un patrimoine immobilier (presbytère, ancienne fabrique...) dont elles n'ont plus l'usage. Ou encore de faire venir des jeunes ménages avec enfant. Ce qui n'est pas rien dans un département où le vieillissement de la population commence à poser, par endroits, de vraies difficultés. »
Philippe BOISSONNAT.