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Le docteur, Pascale Dabadie, souhaite « développer la créativité des équipes soignantes en matière d'autisme. » Docteur, quel est l'intérêt de l'organisation d'une telle journée ?
Cette journée a pour mission d'élucider les besoins et les préoccupations en matière d'autisme : concernant les patients, leur famille, ainsi que tout le personnel soignant et le secteur médico-social. Elle vise, grâce à l'intervention de spécialistes, à préciser l'hétérogénéité des formes cliniques de l'autisme : car il n'y a pas une, mais plusieurs sortes d'autisme, jusqu'à six formes recensées. Aussi, notre priorité est d'adapter ces types de pathologies à la singularité des patients, qui évoluent au cours du temps et des étapes de la vie. En ce sens, nos conférences et ateliers ont le souci de développer la créativité des équipes soignantes.
Quelles sont les priorités en matière de prise en charge des « autismes » ?
L'essentiel des progrès à obtenir consiste en l'élaboration précise d'un diagnostic psychiatrique et fonctionnel. Dans un seul but : élaborer une prise en charge la plus adaptée possible à la pathologie du patient. Cela concerne notamment un des problèmes actuels majeurs qu'est le mode de soins réservé aux adultes atteints d'autisme. En effet, l'autisme chez l'adulte a trop longtemps été délaissé. Ils représentent une large majorité des patients, or le flou persiste au sujet leur suivi. L'enjeu est donc de leur proposer des programmes d'actions plus efficaces. Renforcer l'accueil en lieu de vie dans les Maisons d'accueil spécialisées et les Institutions médico-social (foyers accueil médicalisés). Mais aussi accompagner davantage sur le plan social et professionnel les patients en situation d'autonomisation. C'est dans cette optique que nous travaillons en étroite collaboration avec les associations de familles. Pour une famille, s'occuper d'une personne atteinte d'autisme sans aide extérieure représente une tâche énorme au fil des ans. Aussi, tout doit être mis en oeuvre pour leur venir en aide.
Le plan autisme 2008-2010 présenté par le gouvernement en mai dernier va-t-il dans le bon sens ?
Ce plan accorde plus de moyens au traitement de l'autisme (5,45 millions d'euros). Il privilégie la formation des professionnels et la diversification des méthodes de prise en charge innovante. Il considère également le rôle des familles et compte renforcer l'offre d'accueil. Les grandes lignes du plan sont cohérentes, et l'on ne peut que se réjouir que l'autisme soit au centre des intérêts gouvernementaux. Il faut continuer dans ce sens dans l'intérêt des patients et de leurs familles.