Football : SM Caen : le débat tactique reste ouvert
Deroin, Boucansaud, Seube, Planté (de gauche à droite) : pour le SMC, quel est le meilleur schéma tactique pour continuer à bien attaquer, tout en parvenant à mieux défendre ? : Jean-Yves Desfoux
Ligue 1 : J-3. Plutôt 4-4-2 ou 4-5-1 cette saison ? De toute façon, aucune des deux formules n'est figée : Dumas privilégie la mobilité et l'adaptabilité.
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• DANS LE RETRO... Depuis le retour en L1 du Stade Malherbe, la question tactique ne se démode pas. Du temps de la L2, elle n'avait pas lieu d'être : le 4-4-2, version milieu récupérateur unique (4-1-3-2), avait quand même permis au SMC de terminer 4e puis 2e, et de marquer 121 buts en l'espace de deux saisons. C'est un fait : les troupes de Franck Dumas savent exploiter leur potentiel offensif et leur aptitude au jeu de mouvement à travers ce schéma tourné vers l'attaque.
• UN 4-5-1 TRES EVOLUTIF... C'est un autre fait : en début de saison passée, le bloc-équipe en 4-4-2 s'était sérieusement fissuré à l'épreuve de la L1, laissant entrevoir de grosses failles défensives. Le coach normand avait donc modifié ses batteries fin septembre 2007, à partir d'un match de Coupe de la Ligue remporté aux tirs au but à Toulouse. Le 4-1-4-1 était inauguré : une déclinaison d'un 4-5-1 plus « sécuritaire » à la perte du ballon, également vu dans une version avec deux milieux récupérateurs (4-2-3-1). Il avait l'avantage de se muer rapidement en 4-3-3 quand le cuir était récupéré, pour se projeter rapidement vers l'avant avec des excentrés transformés en ailiers. Ce système très dispendieux en énergie allait coïncider avec le redressement du SMC, et devenir le schéma le plus souvent utilisé jusqu'à la fin de saison.
Pour naviguer plus posément sur les eaux parfois agitées de l'élite, le drakkar caennais dispose en tout cas de deux modèles de coques différents, plutôt interchangeables, et jamais figés. Au fil du match, le système tactique doit pouvoir évoluer en fonction du positionnement de l'adversaire. Franck Dumas parle surtout d'« équilibre » à trouver « entre bien attaquer et bien défendre ». Il répète qu'il « s'adapte » aux qualités intrinsèques de ses joueurs, qu'il « raisonne d'abord en terme d'investissement collectif qu'on veut bien y mettre. » Le système ne fait pas les joueurs, mais l'inverse : c'est une vérité footballistique, et c'est peut-être ce qui a poussé le coach à privilégier le 4-4-2 lors de la préparation.
• UN 4-4-2 EN QUETE D'EQUILIBRE... Une sorte de retour à la variante 4-1-3-2 vue en L2 en fait, avec un seul milieu récupérateur « pur ». Dans l'absolu, une recette qui colle aux caractéristiques des joueurs caennais, plutôt petits dans l'ensemble, mais vifs et techniques. Elle favorise un jeu au sol fait de dédoublements, de permutations, notamment entre Deroin (plutôt meneur axial) et Nivet (préposé au côté droit). « On a pas mal de libertés au milieu dans ce schéma, pense Titi Deroin, personne ne doit rester figé à son poste, sinon on ne parvient pas à l'animer. »
Dans cette configuration, le milieu droit peut aussi coulisser en position de 2e milieu récupérateur axial, et le 2e attaquant décrocher à droite pour offrir des solutions : cela atténue l'importance du milieu excentré dans son rôle spécifique d'homme de couloir. Et quand on sait que Caen a perdu Gouffran, qu'il ne dispose pas de vrai spécialiste à droite capable d'avaler des kilomètres dans les deux sens de la ligne de touche...
Bémol d'importance, quand même : dans un 4-4-2 de ce type, l'équilibre collectif est fragile. Le milieu de terrain - s'il ne comporte qu'un seul récupérateur devant la défense - est vite dégarni à la perte du ballon, et l'arrière-garde plus exposée : on l'a constaté contre Lorient samedi dernier. D'où l'importance de limiter les erreurs de relance au maximum, de faire preuve de concentration et de rigueur dans les duels comme dans le replacement. Et cela concerne onze joueurs tous ensemble, sous peine de sanction immédiate. « Il y a un gars en moins à défendre au milieu, et ça demande beaucoup de jus », confirme Deroin.
• LES PERSPECTIVES... Alors, 4-4-2 ou 4-5-1 ? Et pourquoi pas les deux, cap'tain Dumas ? 4-4-2 à domicile, et 4-5-1 à l'extérieur, quand les vagues adverses déferlent davantage, quand une digue de milieux de terrain compacte, avec l'ajout d'un 2e vrai récupérateur axial, s'impose ? La gageure pour Malherbe cette saison : maintenir son esprit offensif tout en encaissant moins de buts.
Guillaume LAINÉ.
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Ouest-France