Football : Rajiv Van La Parra, le temps de l'adaptation
Rajiv Van La Parra débutera au mieux la saison comme remplaçant. Plutôt logique, pour un joueur âgé de tout juste 17 ans. : Stéphane Geufroi
Ligue 1. J-4. En débarquant à Caen, Rajiv Van La Parra pensait sans doute qu'arriver en pleine lumière serait plus facile. À 17 ans, il doit apprendre.
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Le sourire est toujours là, découvrant ses grandes dents blanches. Le jeune homme est toujours avenant, disponible. Glisse de plus en plus de mots de français dans la conversation, et plonge dans ses cours comme un aoûtien dans la grande bleue. Mais en grattant un peu sous les protège-tibias, Rajiv Van La Parra a égaré un peu de son enthousiasme. « Oui, je suis un peu déçu. C'est plus difficile que je ne le pensais. Au début, tout était beau. C'est plus compliqué actuellement... »
Rajiv continue « à penser positif ». « C'est ce que ma mère me dit toujours. » Le grand ado garde le moral, mais son immersion dans le monde pro a quelques tiédeurs de douche froide. « La barrière du langage est vraiment un souci. En dehors, je parle anglais avec Karl Svensson ou un peu avec Titi Deroin. Mais je dois apprendre le français, pour qu'on discute sur le terrain, pour qu'on m'aide à me situer, qu'on me dise ce que je dois faire. »
« C'était rare que je revienne dans ma moitié de terrain »
Langue universelle, le football a aussi ses spécificités. Rajiv, le fan de Cristiano Ronaldo, découvre un nouveau registre : la défense. Caen a beau être présenté comme une formation portée vers l'avant, la Ligue 1 requiert de la rigueur, du replacement tactique, à tous les postes. « Au Feyenoord, c'était rare que je revienne dans ma moitié de terrain, sourit l'international néerlandais. Ici, on m'a expliqué que c'était obligatoire. »
Le droitier s'y met. Troque ses passements de jambe pour des courses plus longues, au duel. Pas facile. Buteur en préparation contre Cherbourg, il s'était aussi transformé en passeur décisif pour les Manchots, en négociant mal un ballon dans sa surface. « Pas l'habitude », s'excuse-t-il. « Ici, le jeu est très codifié. Or je suis quelqu'un ayant un jeu risqué, un dribbleur. Je dribble trop, paraît-il. Je dois intégrer cela, l'accepter. »
Ce qui passait face aux joueurs de son âge reste dans les pieds des plus vieux briscards affrontés en amical, ou côtoyés aux entraînements. « C'est bien de se confronter à des joueurs plus âgés, note Rajiv, qui n'avait jamais été aligné chez les pros à Rotterdam. Je dois faire ce qu'on me demande, et on me fera confiance. Je pense que cela viendra doucement. »
Gouffran, inconnu à 17 ans
Malherbe n'avait pas enrôlé cet élément de 17 ans pour l'ériger en successeur indéboulonnable de Gouffran. Van La Parra n'avait pas débarqué en pensant être titulaire sur 38 journées. En fait, il s'attend surtout à tâter de la CFA, sans que cela lui pose un cas de conscience : « Je ne débuterai pas, je crois, avec la Ligue 1, mais avec la réserve. J'ai déjà joué en amical (NDLR : trois passes décisives sur 45 minutes), j'ai eu un super feeling. Avec les joueurs, qui ont mon âge, avec le coach, qui est jeune aussi. Ils acceptent la façon dont je joue. Je pense que cela me prendra du temps pour arriver avec les pros. Mais j'aurai peut-être un rôle de joker. Si je rentre cinq minutes de temps en temps pour amener quelque chose en fin de match, je serai heureux. »
Van La Parra a quatre ans de contrat devant lui, et pas de pression particulière sur les épaules. À 17 ans, Gouffran n'était jamais apparu en pro avec Malherbe. À 19 ans, il n'avait disputé que deux matches, en Ligue 2.
Dominique FAURIE.
Demain. Les ambitions caennaises, les options tactiques, et Deroin, paroles d'ancien.
Radio Malherbe. Deux entraînements pour les Caennais ce mardi, à 9 h 30 et 16 h. Ils étaient au repos hier.
Ouest-France