Partie de chasse peu courante dans une zone d'activités aux portes de Caen (Calvados), hier matin. Vers 7 h, un routier alerte la police : un kangourou erre sur les routes de Fleury-sur-Orne ! Cette commune de l'agglomération caennaise est située à deux pas du périphérique sud. Quatre patrouilles sont dépêchées sur place. Le safari improvisé est lancé. Pour près de deux heures. Mais le marsupial a plus d'un tour dans sa poche (agilité, réactivité, sauts) face à des agents peu habitués à ce genre de mission...
L'encerclement de l'animal n'y fait rien. La scène se déroule entre une concession de 4 x 4 et une grande surface de produits tournés vers la pêche, l'équitation, la nature et... la chasse, « Terres & eaux ». « On avait bien épuisettes et filets, mais trop petits pour ce genre d'animal ! », raconte son directeur, Jean-Michel Pendaczok.

L'Office national de la chasse (ONC) est appelé à la rescousse. À force de tentatives, policiers et toutes les bonnes volontés de la zone ont peu à peu coincé le mammifère dans une impasse. Les ouvriers d'un chantier ont, eux, fourni un large filet, servant d'ordinaire à recouvrir les bennes à ordures. Il a été capturé vers 9 h. Le kangourou de 80 cm et d'un poids de 20 à 30 kg, en fait un wallaby de Bennett, a été emmené à la clinique vétérinaire de Courseulles-sur-Mer.
Cet herbivore réputé paisible et pacifique ne s'est pas échappé d'un zoo, comme tous l'avaient d'abord imaginé, mais de chez son maître, à Fleury-sur-Orne. Il aura droit à une petite visite de l'ONC. Histoire de vérifier l'enclos et de
« lui remonter un peu les bretelles », a indiqué Sébastien Legrand, technicien de l'environnement. Ce petit kangourou originaire d'Australie peut s'acheter comme animal de compagnie.
« Il n'est pas plus méchant qu'un lapin qui broute ». Il faut juste déclarer un
« élevage d'agrément » auprès des services vétérinaires et avoir des installations réglementaires... et efficaces. Ce qui est rarement le cas.
Nathalie HAMON.