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La visite guidée, qui dure près d'une heure, permet la découverte des bâtiments conventuels, entièrement reconstruits au XVIIIe, et de l'église abbatiale, fondée par la reine Mathilde en 1060. Le discours est érudit mais accessible à tous, et riche en anecdotes historiques. Dans le cloître, entièrement reconstruit au XVIIIe, « des chapiteaux à godrons, très représentatifs de l'époque », sont exposés. Dans les pas des nonnes, on arrive au lavatorium. C'est ici que les religieuses, toutes issues de l'aristocratie normande, se lavaient les mains avant de passer au réfectoire. Quatre fontaines en marbre noir témoignent encore de la richesse de l'abbaye. La salle Alexis de Tocqueville a fait office de cuisine jusqu'en 1984, date à laquelle les dernières religieuses ont quitté les lieux. Cinq séries de tapisseries d'Aubusson, autour du thème de l'Antiquité gréco-romaine, ornent les murs.
On se dirige ensuite vers « le coeur de l'abbaye », le grand vestibule. « Il ouvre sur l'abbatiale, le cloître et le grand escalier monumental. C'est un espace très souvent traversé par les soeurs bénédictines, qui avaient obligation de se rendre sept fois par jour à l'église. » Au plafond, on apprécie « les voûtes appareillées en éventail » du XVIIIe siècle. « C'est un travail d'orfèvre et d'une extrême précision », souligne Aline Frappier.
Une illustre pensionnaire
Au mur, deux portraits d'abbesses. Anne de Montmorency, celle qui a empêché un soldat protestant de voler la bague de la reine Mathilde. Et Marie Aimée Jacqueline Ledoulcet de Pontécoulant. L'histoire n'a pas retenu ce nom ampoulé mais celui de sa secrétaire : Charlotte Corday. Le célèbre assassin de Marat a passé huit ans à l'Abbaye aux Dames avant d'accomplir son funeste projet.
C'est par une porte fermée à clef que l'on pénètre ensuite dans l'abbatiale de la Trinité. Dans le choeur, sous une dalle de marbre noir des Flandres, repose la reine Mathilde, « pieuse et généreuse », comme le souligne son épitaphe. La première pierre - de Caen - de l'édifice a été posée à la fin du XIe siècle, mais c'est au XIIe siècle que l'église a acquis son aspect actuel. « C'est un exemple typique de l'art anglo-normand, témoin de la transition entre le roman et le gothique. On remarquera la hauteur et la clarté de l'église. Les piliers sont allégés, les voûtes ne sont plus romanes. »
Par un étroit escalier, on accède à la crypte. Construite au XIIe siècle, elle n'a jamais été remaniée. Une forêt de 16 colonnes soutient l'abside. Les bénédictines y exposaient des reliques, comme celles de Saint-Gilles ou Saint-Nicolas. On terminera la balade le nez en l'air, appréciant les chapiteaux richement ornés d'animaux fantastiques. Dont un éléphant ! Avant de partir, un dernier coup d'oeil au bénitier, où nagent des poissons figés pour l'éternité.
Mélanie PAPILLAUD.
Pratique. Visites guidées gratuites tous les jours. Départ du hall d'accueil visiteurs à 14 h 30 et 16 h. Pour les groupes, réservations au 02 31 06 98 98. Le samedi, en raison de la célébration de mariages, la visite de l'abbatiale de la Trinité peut être raccourcie.