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Le Stade Malherbe de Caen

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Édition du vendredi 08 août 2008

Caen et la L1 : en vingt ans, une autre dimension

Malherbe entame sa onzième saison en Ligue 1. Depuis 1988, beaucoup de choses ont changé.

1988 : première apparition du SM Caen en D1. 2008 : onzième saison du club à ce niveau. En l'espace de vingt ans, Malherbe est un peu passé de la découverte du nouveau monde à la troisième dimension.

L'été 88, tout reste à construire. « Les structures, les vestiaires, les tribunes et bureaux, tout cela relève plutôt de la D4 », estime alors Robert Nouzaret, le nouveau coach, à son arrivée. Cette année marque les débuts du centre de formation. Un kiné et un directeur administratif sont nommés à temps plein. Surnommé le « petit chaudron » ou encore « notre Wembley à nous » (Michel Hidalgo), le vieux stade de Venoix (63 ans) s'étire jusqu'à 14 500 places, mais n'en offre que 3 000 assises.

C'est l'époque où la télé n'offre encore que 70 directs par an. Celle où le bus visiteur doit se frayer un chemin parmi les supporters rouge et bleu jusqu'aux vestiaires. Où la fanfare de Blainville rugit plus de deux heures de temps. Où les vieilles tôles de l'enceinte vibrent sans discontinu. « Il n'y a qu'ici que le joueur sent le public aussi proche », estime le Bordelais Jean-Christophe Thouvenel. Lors du premier match, contre Nantes, seule une vingtaine de partenaires est reçue au club house, chez Yvette. Jean-Jacques Fiolet, président d'alors, évoque tout juste « un projet de loges. »

Au lendemain d'une saison morose, la victoire vient de passer à trois points. Pléiade de stars, pourtant, dans ce championnat : Tigana (Bordeaux), Papin (Marseille), Susic (PSG), Francescoli (Matra Racing), Valderrama (Montpellier)... Question recrutement, Malherbe l'a joué malin : Domergue (OM), Rix et Stein (Angleterre) rejoignent les Avrillon, Lebourgeois, Point, Divert et... Dumas. Un autre temps.

« Le jour et la nuit »

Aujourd'hui entraîneur, ce dernier reste l'un des principaux fils rouges (et bleus) des vingt ans écoulés. Mais si le club a su conserver un côté familial, il évolue désormais dans une tout autre dimension. Deux tournants ont marqué ce virage : le nouveau stade en 1993 et l'explosion des droits TV. De fait, tout a augmenté. Le budget (30 millions d'euros cette saison) et le nombre d'abonnés (15 000 l'an dernier) sont plus de dix fois supérieurs à 1988. L'affluence moyenne est passée de 10 600 à 19 658 spectateurs. Désormais, une place coûte 8 à 50 €. Avant, c'était la même fourchette, mais en francs. L'équipe ne comptait que 19 joueurs, contre 28 présentement. En vingt ans, le club a conquis son premier titre (champion de D2 1996), goûté à la coupe d'Europe (1992), à une finale de Coupe de la Ligue (2005). Consommé douze entraîneurs et cinq présidents différents.

Malgré de fréquents allers-retours en L2, Malherbe s'est forgé une expérience. 380 matches en L1 : 117 victoires, 104 nuls et 159 défaites (398 buts inscrits, 514 encaissés). Depuis trois ans, la stabilité est de mise en interne et le « label » Malherbe a pris de l'étoffe. Loges, salons, clubs, coulisses de l'exploit : les formules « Vip » sont multiples. « Côté partenaires, communication et merchandising avec l'extension de la boutique, on est vraiment passé à la vitesse supérieure », mesure Pilou, le monsieur com'du club. « Humainement, le club a peu changé, estime Arturo Samassa, 33 ans de maison. Mais la façon dont il s'est professionnalisé, c'est le jour et la nuit. » Un jour qui pèse trente-cinq salariés, une centaine de bénévoles et plus de trois cents partenaires.

Raphaël FRESNAIS.

À suivre, demain : la saison du SM Caen vue par les supporters.

Ouest-France

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