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La construction de l'École régionale des beaux-arts, investissement le plus important de l'agglo, devrait être achevée cette année : la fin de chantier correspond à une dépense de 11 millions d'euros (sur un total de 26 millions d'euros). : Archives.« Nous ne sommes pas maîtres de nos recettes, a indiqué Pierre Estrade (maire de Bretteville-sur-Odon), vice-président chargé des finances, en présentant le budget primitif. C'est vrai pour la taxe professionnelle, notre principale ressource. » Cette année, Fuji (Mondeville) et Oberthur (Caen) ont fermé. Pour Caen-la-Mer, les aléas des entreprises correspondent à une « perte sèche de 450 000 € par an ».
Comme il l'avait déjà expliqué lors du débat d'orientation budgétaire, « nous prenons de plein fouet, et en s'alourdissant, le cas France Télécom. La différence entre ce que l'État nous prélèvera, au titre de la loi de 2003, et ce que France Télécom nous versera en taxe professionnelle se monte à 3,4 millions d'euros ». En cumul, Caen-la-Mer en est à 9,6 millions d'euros de pertes. « Et tel que c'est parti, l'écart n'a aucune raison de ne pas encore s'amplifier en 2009. »
La Dotation de solidarité communautaire (DSC) reste stable et « n'évoluera pas dans un sens comme dans l'autre », affirme Luc Duncombe (Caen), président de Caen-la-Mer. Au total, les dépenses, 135 millions d'euros en fonctionnement et 5 millions en amortissements, ne sont « couvertes que par environ 136,6 millions d'euros de recettes. Comme les années précédentes, nous avons besoin de reprendre l'excédent de fonctionnement de l'exercice écoulé pour boucler le budget. Reste à peine un million d'euros pour contribuer au financement des investissements 2008 ». Ces derniers sont évalués à 36,5 millions d'euros. « À ce stade, ne figurent pas de crédits pour le stade nautique. »
« Le risque d'investissement mis à mal »
Pierre Estrade a conclu en parlant de « miracle permanent. Depuis trois ou quatre ans, nous réussissons à voter un budget acceptable. Ce miracle ne pourra se prolonger indéfiniment et si l'on veut réaliser les projets de l'agglomération, il faudra bien s'en donner les moyens ».
Colin Sueur, maire de Colombelles, s'interroge : « Doit-on adopter ce budget ? Les dépenses excèdent nos recettes. De nouveau, nous consommons les derniers excédents. Il nous restera un million d'euros, c'est peu. » Il propose aux élus de s'abstenir (dix-neuf le feront).
« Le risque d'investissement est effectivement mis à mal, acquiesce Luc Duncombe. Nous pouvons être à tout moment confrontés à des accidents économiques. » Jean-François Romy, maire de Giberville, préfère assumer ce qui a été fait : « Quasiment 95 % des décisions ont été prises à l'unanimité. C'est un bilan globalement positif. » Grégory Berkowicz (Caen) est d'accord, mais, selon lui, « il faut envisager des recettes supplémentaires ou l'abandon pur et simple de projets ou la renonciation à des services ».
Christian Piélot, maire de Sannerville, souhaiterait que l'agglo « développe l'économique » tout en resserrant ses priorités : « Dépensons ce qu'on a, comme on le fait dans nos communes ! » Luc Duncombe met en garde : « Il y a une ligne critique à ne pas dépasser : celle qui consisterait à ne plus avoir d'investissements. »
Nathalie HAMON.