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Une vue du cloître et, au fond, bâtiment du XIXe siècle qui cache la chapelle, située derrière. Un trésor du patrimoine caennais que peu d'habitants connaissent. : Stéphane Geufroi.Les premiers appartements viennent d'être mis en vente. Non sans inquiéter quelques amoureux des belles pierres. Car l'ancien couvent comprend des jardins, de hauts bâtiments plutôt ordinaires mais aussi une chapelle et un cloître au charme indéniable.
« Ce projet a été mené en concertation avec la mairie, rassure Damien Quevremont, responsable du programme immobilier pour le groupe Eiffage. Les bâtiments ordinaires vont être rasés et le cloître va disparaître, pour réaliser à la place un grand parc. D'où le nom de cet ensemble. »
Mais pas question de toucher à la chapelle. « Elle est inscrite dans son intégralité à l'inventaire des Monuments historiques, ainsi que la façade et la toiture du bâtiment XIXe qui la touche », souligne Régis Berge, chef du service départemental de l'architecture et du patrimoine du Calvados.
Hauteur limitée
Les Bâtiments de France ont en effet suivi de près le projet, lancé dès 2002. Mais sans pouvoir sauver le cloître : « Il était déjà partiel (il manque une aile, côté place Villers) et il entravait le projet immobilier. De plus, il n'était pas assez représentatif du style néo-gothique. »
Des contraintes ont toutefois été imposées au promoteur, au fil de discussions parfois tendues. La hauteur des résidences construites sera limitée à la corniche du bâtiment XIXe. Des balcons ont été retouchés. Et un petit bâtiment a été préservé, à droite de l'entrée qui se situera rue Saint-Ouen.
Des améliorations qui ne satisfont pas complètement l'architecte des Bâtiments de France. Il regrette « le faible engagement de la municipalité précédente, qui n'a pas souhaité acquérir les lieux pour mieux encadrer ce projet urbain. »
Eiffage a prévu de construire des résidences au style contemporain mais sobre, avec corniches et soubassements imitation pierre. Mais qui se ressembleront toutes. Et font craindre à l'architecte « une certaine uniformité, une certaine lourdeur ».
Laurent NEVEU.