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Un docu-fiction au coeur des gigantesques manifestations qui se sont opposées en 1999, à la tenue de la conférence de l'OMC à Seattle.
Ca promet d'être un grand rendez-vous promotionnel pour la ville. Fin novembre 1999, Seattle s'apprête à accueillir pendant cinq jours les délégués de l'Organisation Mondiale du Commerce. Mais les militants altermondialistes de la planète toute entière s'y sont donné rendez-vous eux aussi. Pacifiques et non-violents, ils se sont organisés pour bloquer le bon déroulement des conférences et dénoncer les dessous de la mauvaise distribution des richesses planétaires.
C'est chez lui, à Dublin, que le comédien Stuart Townsend a vu les images de la véritable guerrilla urbaine qui a secoué Seattle. Un choc, une prise de conscience, une révolte qui l'ont conduit à entreprendre ce film bouillant et remuant. Avec «un scénario inspiré d'événements réels, mais des personnages fictifs,» annonce-t-il en début de récit. Il s'est donc autorisé toutes libertés pour peupler son mélodrame de protagonistes et de péripéties typiquement hollywoodiennes, susceptibles de mieux faire passer ses préoccupations et ses discours auprès du large public américain.
Un animateur de Médecin Sans Frontières dans l'impossibilité de faire sa conférence, un délégué africain privé de traduction simultanée, un flic venant présenter ses excuses à un militant qu'il a emprisonné, une journaliste en révolte contre sa hiérarchie, et jusqu'à l'idylle que nouent deux militants altermondialistes, il y a de la convention jusqu'à la caricature dans un méli-mélo de situations archi-prévisibles. C'est peut-être le prix à payer pour un propos plein de bonnes intentions, et qui malgré tout ne manque pas d'efficacité. Tous les protagonistes y mettent du coeur, et le débutant cinéaste a su habilement mêler des images d'archives à sa mise en scène pour bâtir un récit haletant et spectaculaire.
Tibokaya, Changé : "Bataille à Seattle..."
… ou comment mettre fin à l’oxymore « gauchisme états-unien » ! Tout en prenant clairement parti pour la cause altermondialiste, le film ne tombe pas dans la diatribe anarchiste primaire. Beaucoup de points de vue (tous ?) sont évoqués. L’organisation chronométrée des militants non-violents, l’opposition idéologique avec le Black Block, le traitement de l’information par les médias, les difficultés institutionnelles dans lesquelles le maire de Seattle est embourbé, les dérapages des « CRS » américains, mais aussi leur vie quotidienne de citoyen lambda… Tout y est ! Saupoudrez ces aliments d’une musique excellente, et vous obtenez un excellent film engagé comme on les aime. Seul petit défaut, le côté hollywoodien qui ne peut s’empêcher de ressortir parfois : histoire d’amour bâclée et inutile (franchement, on s’en passerait !), petites scènes mélos… Mais pour atténuer la portée de ce défaut (eh oui, j’ai vraiment aimé le film !), ce instants restent rares. On saluera au passage la performance de l’acteur Andre « 3000 » Benjamin, également chanteur du groupe Outkast… Décidément, certains savent tout faire… et bien ! (12/05/2008)